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Les leaders rient sous cap

© Thierry Martinez
© Thierry Martinez
  • Cheminées Poujoulat a franchi la longitude du cap Leeuwin à 16h25
  • Coup de vent cette nuit pour Renault Captur
  • Spirit of Hungary dans le dur

Une nouvelle étape symbolique du tour du monde a été franchie. Quelque 37 jours 3 heures et 35 minutes après avoir quitté Barcelone, Cheminées Poujoulat a doublé cet après-midi (15H25 TU) le cap Leeuwin, toujours en tête de la flotte de la Barcelona World Race. Bernard Stamm et Jean Le Cam n’en ont pas encore fini encore avec l’océan Indien, la jonction avec le Pacifique au sud de la Tasmanie est attendue dans plus ou moins trois jours. Carpe diem. Chacun vit l’instant de moments parfois scabreux. We are Water a essuyé un coup de chien hier, qui rattrape cette nuit Renault Captur. Et Spirit of Hungary attend la délivrance de vents plus maniables.

Bonne-Espérance il y a plus de douze jours, Leeuwin aujourd’hui. Passé à quelque 600 milles au sud de l’Australie, Cheminées Poujoulat a cueilli les deux premiers grands caps qui ponctuent le tour du monde. Il y a quatre ans, Virbac-Paprec 3 avait franchi la longitude de Perth, le 8 février. Bernard Stamm et Jean Le Cam possèdent 42 heures (et 35 minutes) d’avance sur le temps de passage de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron.

 

Ouverture du jeu

Le duo franco-suisse a parcouru plus de 40 % des 23 465 milles que compte la circumnavigation. Et garde l’allure, dans une mer plus assagie, toujours poursuivie par l’équipage espagnol de Neutrogena. L’abaissement plus sud (du 46° au 51°S) de la zone d’exclusion antarctique va ouvrir le jeu stratégique pour les deux bateaux de tête, qui ont déjà pointé leur étrave vers le sud-est. « La victoire se jouera entre ces deux bateaux», a commenté aujourd’hui Pepe Ribes, le skipper espagnol d’Hugo Boss, qui a démâté le 14 janvier. « L’expérience est toujours décisive dans la course au large », a-t-il poursuivi en évoquant Bernard Stamm et Jean Le Cam.

 

Sous l’eau

Leur lutte aux avant-postes provoque des écarts conséquents avec le peloton. Plus de 1200 milles séparent désormais Cheminées Poujoulat de GAES Centros Auditivos, toujours calé en troisième position. Dans la bagarre pour le podium, Renault Captur joue de petits coups, les performances au portant de son plan Finot restant un ton en-dessous du plan Farr devant lui. Pour l’heure, l’attention de Jörg Riechers et Sébastien Audigane se focalise sur un front qui fond sur eux. La nuit va être corsée. Des vents jusqu’à 40 nœuds, voire plus, vont balayer leur zone. A l’arrière du même système dépressionnaire, We are Water a été fauché hier par des rafales de 45-47 nœuds pendant six ou sept heures. « Le bateau était plus souvent sous que sur l’eau », ont témoigné Bruno et Willy Garcia.

Quand elle se fait contre le sens de la marche, cette immersion peut être d’autant plus rude. La fatigue se fait sentir à bord de Spirit of Hungary, sévèrement secoué par plus de quatre jours de navigation au près dans une mer croisée. Nandor Fa et Conrad Colman attendent la délivrance d’une bascule des vents de sud-est vers le nord-ouest en mollissant, demain matin. Après avoir cherché l’apaisement par le nord, les galériens de l’océan Indien vont pouvoir reprendre leur progression vers l’est.

 

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