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L'appel du nord

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• Cheminées Poujoulat à grandes foulées vers les îles Malouines • Option différente pour Neutrogena et GAES Centros Auditivos • Arrêt plus long que prévu pour Spirit of Hungary, à quai en Nouvelle-Zélande En doublant le cap Horn, la nuit dernière, le leader de la Barcelona World Race, Cheminées Poujoulat, a ouvert la voie du retour et les autres concurrents piaffent de s’engouffrer dans l’horizon à nouveau ouvert vers le nord de l’océan Atlantique. Premiers à y prétendre, Neutrogena et GAES Centros Auditivos ont séparé leur chemin pour négocier une zone de transition, à quelque 1000 milles du célèbre rocher. L’impatience se fait entendre dans leurs témoignages. Que dire alors pour ceux pris depuis plusieurs jours dans les distorsions de bulles anticycloniques du Pacifique ou pour ceux contraints à un arrêt technique ? Revenir cinquante-six jours en arrière, à Barcelone. Se souvenir des raisons propres à chaque équipage de se lancer dans une aventure extrême, une course autour du monde en double. Et jauger le chemin parcouru. Pour les novices de la circumnavigation, finir la course sans contrainte de résultat revenait comme un leitmotiv. Les équipages les plus expérimentés avançaient leur ambition, sans oublier l’impératif premier de boucler la boucle. Cheminées Poujoulat fait partie de ces derniers bateaux, l’expérience des capitaines légitimant un statut partagé de favori. Neutrogena appartient aussi à ce groupe et GAES Centros Auditivos y est entré depuis longtemps. Bernard Stamm et Jean Le Cam ont doublé le cap Horn, la nuit dernière (00h53 TU), 18 jours et 9 heures après le cap Leeuwin, 30 jours et 15 heures après le cap des Aiguilles. Toujours en tête de la flotte. Et cavalent à 17 noeuds dans une mer calme, à l'abri de la Terre de Feu, vers les îles Malouine qu'ils approcheront ce soir. Ce passage a sonné comme un signal pour ses premiers poursuivants, attendus d’ici trois jours aux abords du célèbre rocher. Leur duel est une source de motivation pour aller chercher un pouième de vitesse supplémentaire et leur envie d’en finir avec les mers du Sud en est une autre. Pour eux, le franchissement du Horn devrait se faire dans des conditions autrement plus rudes que celles rencontrées hier par les leaders. Hommages Cheminées Poujoulat a reçu ce midi, depuis Barcelone, l’hommage d’un ancien favori. « Bernard et Jean font une très belle course jusque-là et je les félicite d’avoir franchi le cap Horn à la première place mais la route est encore longue. Un millier de milles peut s’effacer rapidement, la course pour la victoire n’est pas finie. Je leur souhaite la meilleure chance pour le futur », a commenté le navigateur britannique Alex Thomson, dont le bateau Hugo Boss naviguait en tête avant de démâter dans la nuit du 14 au 15 janvier. Un concurrent a salué également le passage du duo franco-suisse. « Un grand bravo à Jean et Bernard qui ont passé le cap Horn avec un bon wagon d'avance et une belle option sur la victoire finale », a écrit l’aguerri Sébastien Audigane. À 4000 milles des leaders, à 2800 milles de GAES Centros Auditivos, Renault Captur a rangé ses prétentions au podium depuis son arrêt technique en Nouvelle-Zélande. Reprendre sa place perdue de quatrième bateau de la flotte est un haut objectif en soi. Duel entre connaissances Il lui faut revenir pour cela sur One Planet One Ocean & Pharmaton et We are Water, toujours contraints par une bulle anticyclonique Les deux bateaux espagnols, composés d’amateurs éclairés, se surprennent. Aleix Gelabert et Didac Costa, à bord de l’ancien Kingfisher d’Ellen Mac Arthur, n’auraient jamais pensé pouvoir aligner d’aussi belles vitesses (431,7 milles en 24 heures). Leurs conditions ont été favorables ces derniers jours pour revenir en force (160 milles) sur We are Water, qui les avait doublés dans l’Atlantique, peu avant l équateur. Cette menace oblige Bruno et Willy Garcia, en vent arrière, à manœuvrer en permanence pour limiter la casse. Spirit of Hungary n’en est plus là. Arrivé hier soir à 22h50 TU, à Bluff, port à l’extrémité sud de la Nouvelle-Zélande, Nandor Fa et Conrad Colman procèdent à des réparations de plus grande envergure. Outre le changement de chariots du rail de grand-voile, le bateau doit être sorti de l’eau pour remplacer le boulon qui tient le vérin de quille. L’arrêt technique devrait se prolonger au-delà de 48 heures. Distants cet après-midi de 4700 milles du leader, et de 750 milles de Renault Captur, le duo puise en ses propres motivations à long terme des raisons de revenir en mode course dès que possible. Ils ont dit : Nandor Fa (Spirit of Hungary) : « Ce fut très difficile d’arriver ici, nous avons eu plus de 50 nœuds de vent, un vent froid. Mais nous allons bien, et nous avons du travail sur la planche. Nous allons sortir le bateau de l’eau, pour changer le boulon qui tient le vérin de quille. L’arrêt doit durer plus de 48 heures, un peu plus qu’attendu. Je n’ai pas besoin d’aller à l’hôpital. J’ai un docteur privé sur le bateau. J’ai besoin de porter un chapeau mais je pense que d’ici trois ou quatre jours, les points de suture seront retirés. Décider de s’arrêter est toujours énervant. Mais nous l’avons fait pour rendre la course plus sure. Quand nous repartirons, nous pousserons le bateau comme si nous étions dans le match. Nous serons bien trop loin de la flotte, sans espoir de pouvoir la rattraper. Néanmoins, la performance nous importe et de ce point de vue, nos premiers a dversaires, c’est nous. Nous repoussons nos limites pour notre satisfaction, notre fierté. » Conrad Colman (Spirit of Hungary) : « Le boulon du vérin de quille a subi beaucoup de chocs dans les mers du Sud. C’était le problème le plus grave pour notre sécurité. Deux chariots du rail de grand-voile vont également être remplacés demain et nous serons bien contents de monter en tête de mât tranquillement, sur une mer calme dans le port, après la mauvaise aventure vécue ces derniers jours avec la blessure de Nandor. Etre à Bluff n’est pas une déception. Cette escale technique n’est pas un échec, nous sommes toujours en course et on veut toujours arriver au bout. C’est une petite pause pour vérifier notre état de santé et celui du bateau. » Anna Corbella (GAES Centros Auditivos): « Je suis excitée à l'idée de doubler pour la deuxième fois le cap Horn. J'aimerais y être maintenant, c'est un passage important, nous voulons remonter vers le nord et pointer l'étrave vers la maison. Les conditions en ce moment sont celles d'une zone de transition entre deux fronts. Nous naviguons au reaching dans 10 nœuds de vent et sur une mer plate, c'est une situation assez étrange pour une approche du cap Horn, mais dans quelques heures, le vent de nord-ouest devrait rentrer à nouveau. Et forcir. Je pense que nous allons contourner le Horn dans des conditions typiques du lieu, probablement dans 30 nœuds de vent. Nous en sommes heureux car ce devrait être les derniers moments ventés dans le Sud et nous avons aimé cela ces derniers jours." Sébastien Audigane(Renault Captur) par message : « Aujourd'hui, nous sommes de nouveau dans les 50es, les albatros viennent nous soutenir en survolant le bateau. Depuis ce nouveau départ, nous sommes concentrés sur le contournement de cette dépression qui nous barre la route. Au reaching dans un vent médium, le scénario se déroule plutôt dans le bon sens pour l'instant, et au fil des heures nous gagnons un peu de temps. Nous passerons pas très loin du centre de cette dépression et derrière, Renault Captur pourra plonger au portant pleine balle à la poursuite des « Frères de l'Eau » (We are Water) et de leurs compatriotes de One Planet One Ocean. Un grand bravo à Jean et Bernard qui ont passé le cap Horn avec un bon wagon d'avance et une belle option sur la victoire finale. »

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