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Transat Saint-Barth / Port-la-Forêt : Coups de chapeau

Photo: Pierrick Contin / DPPI / Safran
Photo: Pierrick Contin / DPPI / Safran

La Transat Saint-Barth / Port-la-Forêt s’est bouclée ce mercredi 23 décembre avec l’arrivée de Morgan Lagravière (Safran) qui en termine avec sa course et gagne ainsi sa qualification pour le prochain Vendée Globe. Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord), n’a pas pu mener à bien les travaux de réparation de son palier de quille dans les temps. Après avoir signifié officiellement son abandon, il attend maintenant une fenêtre météo favorable pour convoyer son IMOCA60 jusqu’à Lorient.

Enchaîner deux courses transatlantiques coup sur coup, qui plus est dans des conditions particulièrement difficiles, n’avait rien d’une évidence. Pour ceux qui ont fait ce choix, cela signifiait des charges de travail supplémentaires importantes pour les équipes techniques, une course contre le temps pour disposer d’un bateau prêt à affronter une transat hivernale et des conditions météorologiques particulièrement rudes. Pour tous ceux qui se sont présentés au départ de Saint-Barth, être prêt sur la ligne le jour du départ était déjà une victoire. Victoire pour les équipes techniques qui ont travaillé sans relâche, victoire pour les navigateurs qui ont dû trouver le bon équilibre en temps de repos nécessaire et besoin de rester dans le match, de ne pas sortir de la bulle compétitive.

En mode combattant

Pour la plupart des concurrents présents au départ de Saint-Barth, cette épreuve présentait un double intérêt. D’une part, c’était un premier test grandeur nature d’une navigation en solo sur un IMOCA60 (seul Sébastien Josse pouvait se targuer d’une telle expérience), de l’autre c’était une occasion de se qualifier pour le Vendée Globe dès la fin de l’année 2015. Mais pour y parvenir, il a fallu donner de soi. Ce sont les équipes de Newrest-Matmut et du Souffle du Nord qui n’ont disposé que de quelques jours au retour d’un convoyage éprouvant depuis Itajai pour remettre leur machine en état de marche. C’est Sébastien Josse et tout le Gitana team qui ont cravaché pour remettre le bateau à l’eau, suite à l’abandon dans la Transat Jacques Vabre et traverser de nouveau l’Atlantique. Le skipper d’Edmond de Rothschild n’a disposé que de deux jours à peine à Saint-Barth avant de reprendre la mer. C’est encore la combativité de Morgan Lagravière, qui a trouvé un accord avec Nicolas Boidevézi pour disposer d’Adopteunskipper.net, convoyer le bateau depuis Lorient et participer à la course.

Cette rage de vaincre ne s’est pas démentie, une fois le départ donné. D’emblée, Sébastien Josse et Paul Meilhat (SMA) se sont portés aux avant-postes, alors que derrière eux, Morgan Lagravière et Thomas Ruyant se livraient une bataille acharnée pour la troisième place. 

Un positionnement crucial

Si le début de course s’est avéré agréable, très vite, la flotte s’est inquiétée de l’arrivée de deux dépressions successives qui allaient modifier profondément la donne. La première a généré un flux de sud-ouest assez fort, que seuls Sébastien Josse et Paul Meilhat ont pu attraper, prime aux leaders oblige. Derrière, Thomas Ruyant, Fabrice Amedeo, Eric Holden (O Canada) et Enda O’Coineen (Currency House Kilcullen) ont choisi d’adopter une trajectoire plus sud pour se positionner favorablement vis-à-vis de cette deuxième dépression. Morgan Lagravière, qui pensait pouvoir s’échapper dans le flux de la première dépression, ne pourra pas se maintenir et devra mettre cap au sud pour éviter de se retrouver dans le nord de cette deuxième dépression particulièrement active et devoir affronter des vents contraires. Paul Meilhat sera, lui aussi, contraint de faire de même et laissera Sébastien Josse s’échapper en solitaire.

Le gros temps matraque la flotte

Cette deuxième dépression s’est avérée particulièrement virulente. A l’approche des Açores, elle va cueillir la flotte avec des vents parfois supérieurs à 50 nœuds, une mer particulièrement difficile à négocier. Dans ces conditions dantesques, la casse s’est vite invitée au bal. Ce sont tout d’abord Thomas Ruyant et Morgan Lagravière qui, aux prises avec des soucis de quille, ont choisi de faire escale pour réparer le premier à Ponta Delgada, le second à Horta. Ce fut ensuite Fabrice Amedeo qui constata l’avarie de son safran tribord. Enfin, Eric Holden, aux prises avec de multiples problèmes techniques (voiles déchirées, problèmes d’électronique) décida, lui aussi de faire escale à Horta.

L’accident le plus grave concerne sans aucun doute Paul Meilhat, victime d’une sévère chute à bord de SMA. Alors qu’il naviguait dans plus de 50 nœuds de vent, Paul a dû aller à l’avant de son bateau consolider une pièce d’un de ses étais. Alors qu’il progressait sur le pont, une vague l’a capelé et projeté contre le roof, entraînant plusieurs fractures aux côtes ainsi que du pelvis. Incapable de continuer de manœuvrer son monocoque dans ces conditions, Paul a dû se résoudre à demander assistance et à être hélitreuillé dans le nord immédiat de l’île de Sao Miguel. L’équipe de SMA est toujours mobilisée pour tenter de récupérer le bateau qui dérive entre les Açores et la pointe de l’Espagne. Seul Enda O’Coineen, qui avait décidé de laisser passer le gros temps sous voilure très réduite, put traverser le gros temps sans trop de dommages, mis à part des voiles très abimées.

Une traversée record, un championnat ouvert

En bouclant le parcours en 10j 05h 18mn, à plus de 15 nœuds de vitesse moyenne sur l’eau, Sébastien Josse a démontré toutes les capacités de son monocoque Edmond de Rothschild. Convaincu de l’apport des foils, notamment aux allures de reaching, le skippeur du team Gitana reconnaissait toutefois que la vie à bord n’en était que plus difficile. Ballotés dans ces cellules monacales, vidées de tout le superflu, chasse au poids oblige, les marins sont aux prises avec des mouvements de leur bateau de plus en plus violents. Pouvoir se tenir à bord devient une gageure et certaines équipes se posent la question de concevoir des aménagements des cabines autorisant un minimum de prises aux navigateurs, lancés à pleine vitesse sur un champ de bosses.

Fabrice Amedeo, fort de sa deuxième place, sur la Transat Saint-Barth / Port-la-Forêt se rapproche significativement de Vincent Riou (PRB), au classement provisoire du Championnat du Monde IMOCA Ocean Masters, preuve que la régularité paie. Il reste que les écarts sont très faibles puisque douze points seulement séparent le leader d’Armel le Cléac’h (Banque Populaire) cinquième au classement provisoire. La New York / Vendée (Les Sables d’Olonne) peut s’avérer déterminante dans le classement final du championnat.

Dernière minute : arrivée de Morgan Lagravière (Safran)

En coupant la ligne ce mercredi 23 décembre à 05h 32mn 02s, le skippeur de Safran termine quatrième de la Transat Saint-Barth / Port-la-Forêt. Il se qualifie aussi pour le prochain Vendée Globe. Son temps de course est de 16j 13h 32mn 02s, à la moyenne de 8,49 nœuds sur l’orthodromie. Il aura parcouru sur l’eau 4002,94 milles à la vitesse moyenne de 10,07 nœuds.

Morgan Lagravière : « Cette deuxième partie de course, depuis que je suis reparti des Açores, aura été particulière. Tout d’abord, parce que tu sais que tu es seul sur l’eau ; l’aiguillon de la compétition n’est plus là, mais dans le même temps tu peux choisir ton rythme, tu n’es plus obligé de chercher constamment tes limites.

Cette transat m’a permis d’apprendre plein de choses, depuis l’accident qui est arrivé à ma quille jusqu’à l’expérience du mauvais temps. C’était puissant, violent par moment. Maintenant, il va falloir que je digère tout ça. Je sais que je suis qualifié pour le Vendée Globe, ça va me permettre de prendre un peu de recul, d’assimiler tout ce que j’ai pu vivre pendant ces quelques jours de course. En tous cas, c’est un vrai plaisir de pouvoir partager ce qu’on est en train de vivre sur l’eau. Sans ces échanges, la course n’aurait pas la même saveur. »


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