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La Route du Rhum des Imoca

L’analyse de Jean Pierre Dick

 © Benoit Stichelbaut
© Benoit Stichelbaut

Coup de théâtre en IMOCA ! Confortable leader de la Route du Rhum, filant vers la victoire, le Britannique Alex Thomson s’est échoué la nuit dernière au pied d’une falaise au Nord de Grande-Terre (Guadeloupe), à seulement 75 milles de l’arrivée. Pour sortir de cette mauvaise passe et extraire Hugo Boss des rochers, le skipper britannique a été contraint d’utiliser son moteur. S’il a été le premier à couper la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre ce vendredi à 13h10 (heure française), Thomson restait suspenduà la décision du jury international qui lui a finalement infligé 24 heures de pénalité. Ce jugement est sans appel. Du coup, le duel très serré entre Paul Meilhat et Yann Eliès se transforme probablement en match pour la victoire. C’est une grande figure de la classe IMOCA, Jean-Pierre Dick, qui commente cette actualité chargée.

Texte rédigé avant la décision du jury international

« Alex Thomson qui heurte une falaise à pleine vitesse, quel fait de course incroyable ! Il a vraisemblablement subi le syndrome du solitaire à bout de force, qui se relâche un peu et part dans un sommeil incompressible. Peut-être s’est-il endormi avec le pilote en mode vent réel. Le vent a pu changer un peu de direction et amener Hugo Boss vers la côte. Cette situation doit être difficile à vivre, on ne peut qu’être désolé pour Alex et ressentir de l’empathie.

La « bonne nouvelle » c’est qu’il n’est pas blessé et qu’Hugo Boss est récupérable. Une telle collision peut faire très mal au bateau et au bonhomme. Le bout-dehors a certainement amorti le choc et été le fusible. La crash box (partie avant de l’étrave) a joué son rôle. Le bateau a pu terminer la course dans des conditions convenables. Alex a eu un peu de réussite dans son malheur.

« Même Hitchcock n’aurait pas imaginé un tel dénouement ! "


Alex Thomson est un peu le « chat noir » : quand il est en position de gagner, un fait majeur l’en empêche et il a du mal à remporter une grande course IMOCA. Techniquement, il peut encore être sacré : Alex a passé la ligne d’arrivée en première position et le jury doit statuer. C’est vraiment ce jury qui va déterminer le classement de la course. Il y a des grilles de pénalité mais c’est forcément un choix très compliqué dans un tel contexte. Le skipper a fait une bévue, mais après il s’est quelque part comporté en bon marin en essayant de se dégager de la côte. Je ne vais pas trop faire de théorie à ce sujet, la décision est à la discrétion des membres jury. Je n’aimerais pas être à leur place. Même Hitchcock n’aurait pas imaginé un tel scénario !

« Seule la victoire est jolie »


C’est assez étrange car derrière Alex, Paul Meilhat et Yann Eliès, qui pensaient lutter pour la 2e place, sont peut-être en train de jouer la gagne. Cela change la donne car comme disait notre cher disparu Michel Malinovsky, « seule la victoire est jolie ». On peut dire tout ce qu’on veut mais la victoire est le Graal.
Je regarde bien entendu avec grande attention la course de Yann qui navigue avec mon ancien IMOCA. Yann a pris des bonnes options dans les alizés. Il a été particulièrement habile, en touchant sûrement du vent un peu plus fort quand il était à proximité des Canaries. Après, il a bien tricoté. Mais évidemment le point clé est aussi la vitesse et le bateau a démontré sa vélocité tout au long de la descente vers la Guadeloupe. Yann a dépassé Vincent Riou qui est handicapé par ses problèmes d’aérien. Et il revient fort sur Paul Meilhat qui navigue avec des angles un peu plus bas mais aussi un peu moins de vitesse. Le compromis est plutôt du côté de Yann. Ce qui va être déterminant désormais, c’est le passage sous le vent de Basse-Terre mais aussi le canal des Saintes.

« Guerre des nerfs entre Paul Meilhat et Yann Eliès ! »

On pense souvent que la plupart des choses se passent sous le vent de l’île. Il est vrai que la bouée de Basse-Terre est compliquée à aller chercher. Mais après ce n’est pas terminé. Il peut aussi y avoir des rebondissements sur le dernier tronçon, on l’a vu entre François Gabart et Francis Joyon. Attention aux filets de pêche qui sont nombreux. A chaque fois que je suis passé dans la zone j’ai pris des choses dans le safran et la quille.


Le match va être magnifique. Paul a un bateau d’une génération qui lui permet d’avoir un mât un peu plus élevé, il est donc potentiellement plus à l’aise dans le petit temps. Mais cela peut se jouer à la risée près donc Yann a toutes ses chances. Il y a une vraie incertitude quant à l’issue de ce duel. Ces deux garçons connaissent bien la régate au contact. Ils devront aller au bout d’eux-mêmes, garder de la lucidité pour prendre les bonnes décisions et ne rien regretter. Il faudra y croire jusqu’au bout du bout. C’est la guerre des nerfs ! »

Jean-Pierre Dick

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Extrait de palmarès de Jean-Pierre Dick en IMOCA :

- Double vainqueur de la Barcelona World Race (en 2008 et 2011)
- Quadruple vainqueur de la Transat Jacques Vabre (en 2003, 2005, 2011 et 2017)
- Quatre participations au Vendée Globe (4e en 2013 et 2017, 6e en 2005)
- Deux participations à la Route du Rhum (3e en 2006, 4e en 2010)

Rendez-vous demain pour la dernière chronique avec Gwénolé Gahinet


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