Sam Goodchild : La phase finale de la Course des Caps est pleine de pièges potentiels

En tête de la Course des Caps depuis le troisième jour, Sam Goodchild mène d'une main sûre l’IMOCA MACIF Santé Prévoyance. Mais alors que l’arrivée à Boulogne-sur-Mer est prévue demain, samedi 5 juillet, entre 12h30 et 15h30, le skipper britannique et son équipage restent concentrés : la dernière portion du parcours, semée d’embûches, pourrait encore tout redistribuer.
Joint à bord alors que son IMOCA progressait au près le long des côtes du Norfolk, dans la mer du Nord, Goodchild s’est montré satisfait de cette première expérience en course en équipage à la barre d’un IMOCA. « Jusqu’à présent, c’est un vrai plaisir – un super bateau, une super équipe, je prends beaucoup de plaisir », a-t-il confié à la Classe. « L’objectif maintenant, c’est de rester sur cette dynamique jusqu’à l’arrivée. Et la meilleure manière de profiter de cette aventure, c’est évidemment de conserver notre position jusqu’au bout. »
Une position que le skipper de MACIF Santé Prévoyance tient fermement, avec une avance de 42 milles sur Élodie Bonafous (Association Petits Princes-Queguiner), deuxième, et 30 milles supplémentaires sur Holcim – PRB de Nicolas Lunven, troisième. À moins de 270 milles nautiques de l’arrivée, l’ex-bateau vainqueur du dernier Vendée Globe (alors skippé par Charlie Dalin) mène une course maîtrisée.
Après avoir partagé la tête avec plusieurs concurrents lors de la descente de la Manche, Goodchild a pris les commandes en direction du Fastnet, avant de résister à la pression de Thomas Ruyant (Vulnerable), contraint à l’abandon suite à une avarie de mât après le contournement des Orcades.
Mais le skipper britannique sait que rien n’est encore acquis : « Tout va bien à bord. L’équipage reste concentré, on traverse un petit moment de calme dans la mer du Nord, mais la nuit a été mouvementée et la suite le sera aussi, avec le passage de l’estuaire de la Tamise et la descente vers Douvres. Il y a beaucoup d’obstacles, une zone d’exclusion importante dans le détroit, et donc autant d’occasions de faire des erreurs. Il va falloir rester vigilants et garder le bateau en un seul morceau jusqu’à l’arrivée. »
© G.GATEFAIT
Neuvième du dernier Vendée Globe pour sa première participation, Champion IMOCA Globe Series 2023, Sam Goodchild confirme toute l’étendue de son talent sur cette Course des Caps - Boulogne-sur-Mer - Banque Populaire du Nord. Pour le skipper britannique, c’est la qualité de la préparation en amont qui permet aujourd’hui à son équipe d’aborder sereinement le final de cette boucle de 2 000 milles autour des îles Britanniques.
« On a beaucoup travaillé en amont. Maintenant que nous avons des prévisions météo plus précises, on peut enfin visualiser notre trajectoire, identifier les zones complexes à gérer comme le trafic commercial, les champs d’éoliennes et les bancs de sable, et construire une stratégie de navigation cohérente avec le vent attendu », explique Goodchild.
« Il y a beaucoup de choses à prendre en compte, » poursuit-il. « Mais depuis un ou deux jours, on a pu vraiment se projeter sur cette dernière partie du parcours et sur la manière de l’aborder. Ce ne sera pas le tronçon le plus simple de la course, mais cela fait partie du jeu, et on va faire de notre mieux. »
Si Goodchild semble parfaitement à l’aise avec l'exercice de l'équipage en IMOCA, l’ambiance à bord est celle d’un groupe soudé, concentré, mais détendu. Il souligne notamment le rôle central de Guillaume Combescure, directeur technique du projet MACIF Santé Prévoyance, à ses côtés sur cette course.
« Guillaume connaît ce bateau par cœur. Il a participé à sa conception avec Charlie (Dalin) et Guillaume Verdier. Il en comprend toute la logique, dans les moindres détails, et sait pourquoi chaque choix a été fait. C’est aussi un très bon marin, ce qui en fait un élément clé de l’équipage. »
© Julia Virat / New Europe
Aux côtés de Sam Goodchild, l’équipage de MACIF Santé Prévoyance fait preuve d’une belle complémentarité. Loïs Berrehar, remplaçant de Charlie Dalin lors du dernier Vendée Globe et inscrit pour l’édition 2028 avec son sponsor Banque Populaire, apporte toute son efficacité à bord.
« Loïs connaît bien le bateau et il est très fort pour le faire avancer vite dans les lignes droites. On compte beaucoup sur lui pour maintenir une vitesse constante, peu importe la phase de navigation », souligne Goodchild.
Autre atout du bord : Charlotte Yven. Première femme à avoir remporté deux éditions consécutives de la Transat Paprec, la navigatrice dispute ici sa première course en IMOCA. « C’est une excellente figariste, avec une vraie culture de l’intensité et du rythme. Elle est très présente sur les réglages, sur le pilote, et comme Loïs, elle s’assure en permanence qu’on va vite, dans la bonne direction », explique le skipper britannique.
Quant à son propre rôle, Goodchild se concentre principalement sur la navigation et la coordination des manœuvres. « Je garde un œil sur la nav’ et je fais en sorte que toutes les manœuvres soient fluides, sans perte de terrain », résume-t-il. « Jusqu’ici, ça fonctionne plutôt bien. »
© Julia Virat / New Europe
À plus de 400 milles derrière le leader MACIF Santé Prévoyance de Sam Goodchild, le skipper hongrois Szabolcs Weöres et son équipage poursuivent leur aventure à bord de New Europe, un plan Finot-Conq à dérives droites mis à l’eau en 2007. Actuellement neuvièmes et derniers alors qu’ils contournent les Orcades, leur enthousiasme reste intact.
À bord, Bérénice Charrez, navigatrice et spécialiste en bio-ingénierie, connue pour avoir piloté le projet « IMOCA Human Performance » à l’issue du dernier Vendée Globe – savoure sa première expérience de course en IMOCA.
« C’est vraiment grisant d’être sur une ligne de départ avec tous ces marins que j’ai étudiés lors de mon travail sur la physiologie des skippers du Vendée Globe », confie-t-elle. « C’est une vraie joie de vivre cette expérience non pas comme scientifique, mais comme membre à part entière d’un équipage. »
Au fil des milles, la navigatrice découvre aussi des paysages inédits, entre côtes irlandaises et écossaises : « C’est la première fois que je navigue aussi au nord. Non seulement on profite de paysages magnifiques, mais c’est surtout une belle occasion de découvrir la vie à bord d’un IMOCA et de mieux comprendre ce que cela implique. »
Conscients de l’écart de performance avec les IMOCA volants de dernière génération, l’équipage de New Europe avait peu d’illusions sur sa capacité à tenir le rythme du peloton de tête. Mais la première moitié de course leur a permis de rivaliser avec plusieurs équipages, notamment ceux de FDJ–WeWise (Fabrice Amedeo) et Initiatives-Cœur (Sam Davies).
« Jusque-là, on a réussi à rester dans le match jusqu’au Fastnet, et ça, c’était vraiment chouette. On s’est accrochés, on a tout donné pour rester au contact », raconte Charrez. La suite ? Une descente décoiffante jusqu’au nord de l’Écosse, où New Europe a atteint des vitesses de 25 à 27 nœuds.
« Bien sûr, être derrière n’a rien de surprenant, on s’y attendait, reprend-elle. Depuis le Fastnet, notre objectif est simple : bien naviguer, faire les bons choix, rester en sécurité… et aller aussi vite que possible ! »
Ed Gorman (traduit de l'anglais)
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