
Une règle pionnière en matière de réduction de l’impact
En 2021, l’IMOCA a identifié un enjeu majeur dans la fabrication des voiles : pour chaque kilogramme de voile finie, environ six kilogrammes de déchets étaient générés. Ce constat a conduit la Classe à engager un travail approfondi avec les principales voileries (All Purpose, Incidence Sails, North Sails, One Sails et Quantum Sails, puis Doyle Sails) afin de mieux comprendre les impacts liés à leur fabrication et d’identifier les leviers d’action. L’analyse a mis en évidence trois principaux postes d’impact : les déchets, l’énergie et le transport.
Ces résultats ont conduit, en janvier 2023, à l’introduction de la première règle « Green Sail » dans le monde de la voile. Celle-ci impose à chaque équipe d’intégrer à son inventaire au moins une voile répondant à des limites environnementales définies en matière de déchets, d’énergie et de transport. L’objectif était dans un premier temps d’agir sur ces trois leviers, avant d’élargir progressivement la démarche aux technologies et aux matériaux utilisés dans la fabrication des voiles.
Dès la première année, cette initiative a permis de réduire de 30 % les émissions de CO₂ équivalent par kilogramme de voile finie et d’un tiers les déchets, tout en supprimant les transports aériens liés à la production des voiles concernées.
Cette première étape a ensuite conduit au développement de RISE (Reduced Impact Sail Evaluation), en collaboration avec MarineShift360 et les principales voileries. Ce système permet de mesurer l’empreinte carbone de chaque voile, exprimée en kg de CO₂ équivalent, et de lui attribuer une note de A à G. Il offre ainsi un cadre commun pour mesurer les progrès, comparer les solutions et encourager l’innovation au sein de l’industrie de la voile.
Désormais intégré aux règles de jauge de l’IMOCA, RISE considère comme à impact réduit les voiles notées de A à C. Pour garantir la cohérence de cette évaluation, toute voile transportée par avion est exclue de cette catégorie, quels que soient ses résultats sur les autres critères.
2026 : 1 voile à impact réduit pour chaque course du Championnat IMOCA Globe Series
2027-2028 : 2 voiles à impact réduit pour chaque course du Championnat IMOCA Globe Series
VG 2028 : 3 voiles à impact réduit pour le Vendée Globe
Cependant, toutes les voiles ont un impact qui doit être pris en compte. Après l’instauration de cette règle, les voileries et l'IMOCA ont voulu aller plus loin. Ils ont donc développé un système d’évaluation, de A à E, similaire à une notation nutritionnelle, mais visant à réduire l'empreinte carbone en kgCO2 équivalent. C’est ainsi qu'est né le modèle RISE.
« Il y a deux ans, North Sails a commencé à analyser le cycle de vie de ses produits. La méthode RISE a permis d'étendre et de mieux définir ce processus en calculant avec précision l'empreinte environnementale du transport de nos produits. Ces informations nous permettent de fournir aux clients et aux fournisseurs des données sur la manière de réduire l'impact global des voiles en choisissant le transport maritime/terrestre plutôt que l'aérien, qui était auparavant considéré comme la méthode de transport préférée »
Jono Macbeth
directeur du développement durable, North Sails



Une Grand-voile en lin pour l'IMOCA Groupe APICIL de Damien Seguin
Au cours des deux dernières années, Damien Seguin a testé la grand-voile en fibre de lin All Purpose et lui a infligé l'équivalent d'un demi tour du monde.
Convaincu, il a décidé de partir sur le Vendée Globe avec cette technologie :
L'IMOCA Groupe APICIL sera le premier à s'élancer autour du globe avec une telle voile, moins impactante en termes de CO2e, par rapport à la technologie de fibre précédente.
