Les skippers IMOCA vont déployer des bouées météo autour du cercle polaire Arctique

Les skippers de la Vendée Arctique se sont élancés ce dimanche 8 juin depuis Les Sables-d’Olonne en direction du cercle polaire arctique sur un parcours de 3 500 milles.
À l’occasion de la troisième édition de la course, trois des neuf marins engagés déploieront des bouées pour Météo France, contribuant ainsi à la collecte de précieuses données météorologiques et climatiques destinées aux chercheurs et aux scientifiques.
Francesca Clapcich à bord de 11th Hour Racing, Arnaud Boissières sur April Marine-Recherche Co-Partenaire, et Manuel Cousin à bord de Coup de Pouce largueront au niveau du cercle polaire une bouée dérivante de collectes de données. Ces déploiements s’inscrivent dans la continuité d’un programme soutenu par 11th Hour Racing, partenaire du développement durable de la Classe IMOCA, engagée pour la santé et la résilience de l'Océan. Il s’agit d’une initiative qui remonte à plus de six ans, avec des déploiements similaires lors de la Transat Café l’OR l’année dernière, du Vendée Globe 2024 et de The Ocean Race 2022-23, parmi de nombreuses autres courses.
À une époque où le maintien des systèmes d’observation océanique est plus important que jamais, ces déploiements de bouées fournissent des données essentielles en temps réel provenant de régions éloignées, aidant les scientifiques à améliorer les prévisions météorologiques, à surveiller le changement climatique et à mieux comprendre les évolutions de la circulation océanique.
Au total, les skippers IMOCA ont déjà largué près de 60 bouées dérivantes, dont 16 sont encore actives, chacune apportant une contribution précieuse à la recherche météorologique et climatique ainsi qu’à la compréhension du réchauffement climatique et de ses effets sur les océans.
Chaque bouée est équipée d’un émetteur GPS, d’une ancre flottante, d’un baromètre et d’un thermomètre. Elles transmettent toutes les heures des données sur la surface de l’océan, sur la température de l’eau ainsi que sur la pression atmosphérique. En moyenne, les bouées dérivent pendant environ deux ans avant d’échouer sur les côtes, même si un cinquième d’entre elles restent actives pendant plus de cinq ans.

Arnaud Boissières avait déjà déployé une bouée lors de sa participation au dernier Vendée Globe et, selon lui, en déployer de nouvelles lors de la Vendée Arctique est le minimum qu’il puisse faire pour contribuer à la protection des océans.
« L’océan est notre terrain de jeu naturel et nous avons la chance incroyable de naviguer dans des endroits magnifiques, parfois totalement isolés et préservés », a-t-il déclaré. « Donc si, à notre manière, nous pouvons contribuer à mieux comprendre cet environnement afin de mieux le protéger, alors c’est important de le faire. »
Pour Arnaud Boissières, la Vendée Arctique est la course idéale pour larguer des bouées dans des zones océaniques reculées, rarement fréquentées par des navires. C’est aussi une occasion de contribuer à la compréhension du changement climatique et des phénomènes météorologiques « Embarquer une bouée météo à bord est une manière concrète de participer à cet effort. Les données collectées sont particulièrement précieuses pendant une course comme la Vendée Arctique, qui traverse des zones avec très peu de trafic maritime et donc très peu d’observations. Chaque donnée recueillie aide les scientifiques à mieux comprendre l’océan et son évolution », a-t-il ajouté.
Pour cette course, les marins déploieront les bouées le plus au nord possible, à proximité du cercle Arctique, lorsque les conditions météo le permettront. Leur positionnement pourra ensuite être ajusté en fonction d’éventuelles modifications de parcours décidées par le directeur de course. « La sécurité reste une priorité absolue » ajoute Sébastien Péré, responsable des données des bouées dérivantes chez Météo-France.
Selon lui, les bouées déployées lors de la Vendée Arctique transmettront des informations partagées en temps réel avec des scientifiques du monde entier. « Les données recueillies permettront de faire progresser la connaissance des océans et de l’atmosphère, et d’améliorer les modèles océanographiques et météorologiques », a-t-il expliqué.

En matière de prévision météorologique, ces bouées peuvent détecter le creusement d’une dépression, parfois mal anticipé par les modèles, qui peuvent ensuite être corrigés. « À court terme, tous les navires présents dans la zone bénéficieront de prévisions améliorées, mais à plus long terme, ces données peuvent s’avérer utiles pour n’importe quelle partie du monde », a-t-il ajouté.
Il précise également que les mesures de température de surface de la mer améliorent la qualité des données dans les zones où les satellites ne peuvent pas collecter d’informations. Les bouées contribuent aussi de manière importante à la compréhension du changement climatique.
Celles larguées pendant la Vendée Arctique peuvent notamment aider à surveiller les courants de l’Atlantique Nord et à détecter d’éventuels ralentissements, qui pourraient avoir des impacts majeurs sur le climat mondial.
Par exemple, elles permettent de recueillir des données sur la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC), un système de courants océaniques qui transporte l’eau chaude des tropiques vers l’Atlantique Nord, où elle se refroidit, s’enfonce dans les profondeurs, puis repart vers le sud. Son influence empêche notamment la formation de glace de mer le long des côtes norvégiennes. Selon Sébastien Péré, la surveillance de ce courant est essentielle pour comprendre l’évolution des océans. « L’AMOC est une composante du système global de circulation océanique, le grand tapis roulant océanique, qui relie tous les océans du monde », a-t-il rappelé.
Arnaud Boissières ne doute pas que la responsabilité supplémentaire liée au déploiement d’une bouée pendant la course en vaut la peine. « Je pense que nous avons tous la responsabilité de prendre soin de notre terrain de jeu pendant notre passage sur Terre. La planète est belle, l’océan est beau, et si les marins peuvent apporter une petite contribution à sa préservation tout en faisant ce qu’ils aiment, alors c’est une initiative pleine de sens. Et si mon bateau peut servir à autre chose qu’à aller simplement le plus vite possible, c’est encore mieux. »
Ed Gorman (traduit de l'anglais)
Info Teams
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•••Classement du championnat
| 01 | Sam GOODCHILD
MACIF SANTÉ PRÉVOYANCE | 50.00 pts | |
| 02 | Corentin HOREAU
MACSF | 45.00 pts | |
| 03 | Violette DORANGE
INITIATIVES-CŒUR | 40.00 pts | |
| 04 | Elodie BONAFOUS
ASSOCIATION PETITS PRINCES - QUÉGUINER | 38.00 pts | |
| 05 | Francesca CLAPCICH
11TH HOUR RACING | 36.00 pts | |
| 06 | Nico D'ESTAIS
CAFÉ JOYEUX | 35.00 pts | |
| 07 | Arnaud BOISSIÈRES
APRIL MARINE - RECHERCHE CO-PARTENAIRE | 34.00 pts |