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La Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne, dont le départ est donné demain, s’annonce comme un véritable test pour les neuf skippers engagés. Entre complexité météorologique et choix stratégiques permanents, la course vers le cercle polaire arctique promet une navigation .

Ancien météorologue de Météo-France, vainqueur de la Mini Transat 2021 et futur candidat au Vendée Globe, Pierre Le Roy connaît parfaitement ce type de conditions. Il conseille d’ailleurs deux concurrents engagés avant la course : Ambrogio Beccaria (Allagrande MAPEI) et Nico d’Estais (Café Joyeux).

Selon lui, le principal défi de cette édition réside dans l’instabilité permanente de la météo.

« C’est une course particulière, explique-t-il. On part dans des conditions plutôt légères dans le golfe de Gascogne, puis on enchaîne rapidement les dépressions dans l’Atlantique Nord. »

Et plus les systèmes s’enchaînent, plus la lecture de la course devient complexe. « Dès la première ou la deuxième dépression, le niveau de certitude diminue fortement. Il devient impossible d’avoir une trajectoire claire à long terme. Il faut sans cesse s’adapter. »

À la différence d’une transat classique, les marins ne bénéficient pas de phases de navigation stabilisées. « Habituellement, après les dépressions, on retrouve les alizés et une forme de routine. Ici, il n'y a pas cette logique : l’incertitude est constante, avec des conditions parfois musclées. »

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Le passage le plus délicat pourrait être au nord du parcours, autour de l’Islande. Les skippers y évolueront potentiellement au cœur de systèmes dépressionnaires, avec des vents faibles mais une mer formée.

« Ce ne seront pas forcément des conditions faciles, précise Pierre Le Roy. Même avec peu de vent, la houle rend la progression compliquée dans le centre des dépressions. »

Autre particularité du parcours : les skippers choisissent librement leur point de franchissement du cercle polaire arctique. Un choix stratégique important, même si certaines options semblent peu probables.

Pour Pierre Leroy, une route à l’ouest de l’Islande est difficilement envisageable. « C’est plus long, et les vents entre le Groenland et l’Islande sont souvent canalisés. Il faudrait un scénario météo très précis pour que cette option soit gagnante. »

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La majorité de la flotte devrait donc privilégier un passage à l’est de l’Islande. Et si le groupe reste compact, les choix devraient être similaires. « Je ne pense pas que les skippers prendront ce risque comme facteur décisif. La course se jouera surtout sur la vitesse et la stratégie globale. »

Le positionnement exact dépendra néanmoins des conditions de retour vers le sud, parfois plus délicates selon la trajectoire choisie. « En cas d’incertitude, certains pourraient décaler légèrement leur route vers l’ouest, tout en restant à l’est de l’Islande, afin de garder plus de flexibilité », analyse-t-il.

Les premiers jours de course devraient, eux, être relativement progressifs. Après les brises thermiques le long des côtes vendéennes, les skippers devront traverser une zone de transition avant d’aborder une première dépression en direction du sud-ouest de l’Irlande.

« Les choix de timing seront déterminants dès le départ, que ce soit pour les dorsales ou les fronts. Très vite, on verra ceux qui auront été les plus précis dans leurs décisions », souligne Leroy.

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Un cas particulier concerne Nico d’Estais, seul skipper engagé sur un bateau à dérives face à une flotte de foilers plus rapides. S’il sera désavantagé dans les conditions de reaching, il pourrait tirer profit des phases de transition.

« Il perdra probablement du terrain dans les phases rapides, mais peut revenir dans les transitions entre systèmes météo », estime le météorologue.

Enfin, Pierre Le Roy prépare également son propre projet pour le Vendée Globe. Déjà soutenu par plusieurs partenaires, il recherche encore un sponsor principal. « Je sais quel bateau je veux, le projet est clair et l’ambition est là. Il manque encore le financement principal, comme pour beaucoup de projets », conclut-il.

Pour en savoir plus sur le projet de Pierre Le Roy, cliquez-ici

Ed Gorman