Girl power en IMOCA : un stage 100 % féminin lance la saison 2026

Les premiers skippers IMOCA à reprendre l’entraînement en flotte en vue d’une saison 2026 particulièrement dense sont trois des navigatrices les plus en vue de la flotte : Élodie Bonafous et Violette Dorange pour la France, et l’Italienne Francesca Clapcich.
Toutes trois se sont retrouvées pour une semaine de navigation au large à Port-la-Forêt, en Bretagne. Une session de travail stratégique alors qu’elles s’apprêtent à faire leurs débuts en solitaire dans l’intensité de la compétition IMOCA, à la barre de foilers de dernière génération : Association Petits Princes-Quéguiner pour Elodie Bonafous, Initiatives-Cœur pour Violette Dorange et 11th Hour Racing pour Francesca Clapcich.
Naviguer ensemble, se jauger, tester leurs réglages : cette mise en commun s’est imposée comme une entrée en matière idéale avant le premier rendez-vous de la saison, la 1000 Race. Le départ sera donné le 3 mai depuis Port-la-Forêt : cap sur le Fastnet Rock, avant un retour à Concarneau. Les trois skippers feront partie des sept engagés.
Révélation de la saison dernière, marquée par une victoire remarquée sur la Rolex Fastnet Race, Élodie Bonafous a particulièrement apprécié ce travail collectif. « Les autres filles avaient clairement beaucoup travaillé pendant l’hiver – je n’en doutais pas – mais elles étaient prêtes », souligne-t-elle. « Même si j’avais environ une semaine d’avance pour remettre mon bateau à l’eau, c’était quand même exigeant, sérieux et rigoureux. »
© Eloi Stichelbaut - polaRYSE
La navigatrice poursuit : « Nous avons même remarqué que ce n’était peut-être pas un hasard si nous étions toutes les trois de retour sur l’eau plus tôt – peut-être étions-nous mieux organisées pendant l’hiver, ou avions-nous fixé comme objectif de reprendre la navigation tôt ? »
Troisième de la Transat Café L’OR la saison précédente aux côtés de Will Harris, Francesca Clapcich met en avant la richesse de cette dynamique collective. Engagée pour l’égalité des chances dans la voile, elle n’a pas manqué de relever que les trois premiers skippers à reprendre la mer cette année étaient des femmes. « Avoir trois femmes sur l’eau, s’entraîner les unes contre les autres, s’entraider, faire des débriefings ensemble, c’était vraiment, vraiment super et dans un environnement très collaboratif », explique-t-elle. « Et oui, je pense que nous avons toutes bien navigué – nous avons beaucoup appris. »
Pour les trois navigatrices, la 1000 Race marque le début d’une saison en solitaire exigeante. Les principaux rendez-vous seront la Vendée Arctique en juin, puis la Route du Rhum – Destination Guadeloupe en novembre.
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Côté Elodie Bonafous, la préparation hivernale a été pensée pour maximiser le temps en mer. « Nous n’avons pas passé trop de temps sur le refit hivernal afin de privilégier un volume de navigation plus important », explique la skipper de 30 ans, devenue en 2022 la première femme à monter sur le podium d’une étape de la Solitaire du Figaro. « Je sentais que c’était l’objectif principal en ce début d’année : apprendre à maîtriser le bateau, à le faire fonctionner et à être à l’aise en naviguant seule. »
La 1000 Race servira ainsi de répétition générale avant un défi d’une toute autre ampleur : la Vendée Arctique et ses 1 200 milles nautiques jusqu’au cercle polaire, avec un départ des Sables-d’Olonne. « C’est un défi bien plus important, car les conditions météo peuvent être assez dures et la course sera longue. Je suis contente de pouvoir beaucoup naviguer avant pour me préparer », confie Elodie Bonafous.
La navigatrice précise également : « D’un point de vue sportif, je placerais presque la Vendée Arctique et la Route du Rhum sur un pied d’égalité, même si la visibilité médiatique, les enjeux partenaires et le prestige global sont plus élevés pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. En termes de difficulté, je pense cependant qu’il y a plus d’inconnues sur la Vendée Arctique. »
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À 38 ans, Francesca Clapcich a, elle aussi, consacré beaucoup d’énergie à affiner sa méthode en vue de ses débuts en solitaire en IMOCA : exécution des manœuvres, connaissance du bateau, gestion du timing et du rythme. « Pour cette première course, l’objectif est vraiment d’être attentive à la façon dont je gère les choses à bord : prendre peut-être un peu plus de temps pour chaque manœuvre, réfléchir aux bonnes étapes, ne pas endommager le bateau, toujours avoir une longueur d’avance sur la météo et être sous la bonne voile au bon moment. Donc ce n’est pas vraiment une question de résultat, mais plutôt du processus pour y parvenir et de la manière de se préparer pour toute la saison », détaille-t-elle.
Même prudence du côté d’Elodie Bonafous, qui refuse de se fixer des objectifs chiffrés. « Je n’aime pas parler d’objectifs chiffrés, car c’est encore, en réalité, le début de ma saison en solitaire. Il s’agit davantage de l’approche. J’ai un bateau performant et je pense être capable de réaliser de belles choses, mais je ne veux pas me mettre trop de pression. »
Au-delà des échéances de 2026, l’horizon est déjà tracé : le Vendée Globe 2028. Il s’agira d’une deuxième participation pour Violette Dorange, mais d’une première pour Clapcich et Bonafous. « Pour moi, il est vraiment important de continuer à accumuler de l’expérience à travers ces courses, de parcourir beaucoup de milles, d’apprendre à chaque fois de manière positive afin de se préparer pour le Vendée Globe 2028 », conclut Francesca Clapcich.
Ed Gorman
Info Teams
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