La 1000 Race : Corentin Horeau prêt à relever le défi du petit temps et de sa première compétition en solitaire en IMOCA

La Classe IMOCA retrouve aujourd’hui le chemin de la compétition pour la première fois en 2026, avec une flotte réduite mais de grande qualité, avec des skippers engagés en solitaire pour cette édition de la 1000 Race.
Au programme : un sprint de sept jours et 1 200 milles nautiques entre la Bretagne et le mythique Fastnet Rock, au large de la pointe sud-ouest de l’Irlande, avant un retour vers la France, via deux points de passage virtuels dans le golfe de Gascogne.
Les prévisions météo annoncent une course majoritairement disputée dans des conditions de vent faible, même si des phases rapides en foils pourraient se dessiner dans la descente depuis le Fastnet, sous un flux de nord - nord-ouest.
Ils seront sept skippers à s’élancer aujourd’hui au large de Port-la-Forêt. Parmi eux, quatre prendront pour la première fois le départ en solitaire à bord d’un IMOCA : les Français Corentin Horeau, Nico D’Estais et Élodie Bonafous, ainsi que la skippeuse italo-américaine Francesca Clapcich.
On retrouve également au départ des skippers aguerris de la Classe IMOCA. Parmi elles, Arnaud Boissières, quadruple participant au Vendée Globe, Violette Dorange, qui a bouclé son premier Vendée Globe l’an dernier, et l’actuel champion des IMOCA Globe Series, Sam Goodchild, à la barre de MACIF Santé Prévoyance.
Côté novices en solitaire, Corentin Horeau (36 ans) est particulièrement attendu. À bord de MACSF, ex-Paprec Arkéa, un plan signé Antoine Koch et le duo Finot-Conq, deuxième du dernier Vendée Globe, il s'affirme déjà comme un bizuth prometteur.

Vainqueur de la Solitaire du Figaro 2023, Corentin Horeau aborde cette première course en IMOCA avec enthousiasme. Il se réjouit notamment de prendre en main un bateau qui s’est illustré sous la conduite de Yoann Richomme. À quelques minutes du départ, le skipper affichait une certaine sérénité face à des conditions annoncées légères, majoritairement au près :
« C’est plutôt bien pour une première : des conditions maniables pour démarrer. Mais il ne faut pas oublier que le petit temps peut aussi être exigeant : beaucoup de manœuvres, sans doute de nombreux changements de voiles… C’est énergivore. Cela dit, passer les premières 24 heures dans des conditions relativement faciles, c’est clairement un avantage. Ça enlève de la pression pour une première. »
Si la 1000 Race se dispute sur un format relativement court, elle n’en demeure pas moins exigeante sur le plan technique. Parcours jalonné de caps à contourner, courants de marée soutenus en Manche, zones réglementées, trafic maritime dense et météo côtière instable. Dans ce contexte, Corentin Horeau identifie déjà l’un de ses principaux défis :
« Comme je n’ai encore jamais navigué 100 % en solitaire sur ce bateau, il va falloir trouver les bons moments pour se reposer. La grande question, c’est le sommeil : comment je vais le gérer. Je vais essayer de m’imposer de vraies phases de repos, et on fera le bilan à la fin de la semaine. »
Très attendu dans la perspective du Vendée Globe 2028, le marin n’est pas le seul à susciter l'attention. D’autres skippers sont également particulièrement observés, à l’image de Violette Dorange, qui découvre en solitaire Initiatives-Cœur, de Francesca Clapcich à bord de 11th Hour Racing (ex-Malizia Sea-Explorer), ou encore d’Élodie Bonafous, engagée sur Association Petits Princes-Quéguiner, sistership de MACIF Santé Prévoyance.
© Marin LE ROUX - polaRYSE / 11TH Hour Racing
Pour autant, Corentin Horeau préfère tempérer les attentes : « Bien sûr, on aimerait faire un bon résultat, mais l’objectif principal reste d’apprendre et de prendre ses marques. On a un bateau très performant, mais c’est une première. » Une étape clé dans sa préparation au Vendée Globe, mais aussi à la Route du Rhum – Destination Guadeloupe prévue en novembre.
De son côté, le directeur de course Hubert Lemonnier se réjouit de la qualité du plateau, malgré un nombre de participants restreint : « C’est un bon mélange de très bons marins et de très bons bateaux. »
Il met notamment en avant la présence de Nico D’Estais, seul skipper engagé sur un IMOCA à dérives droites, à bord de Café Joyeux, un plan VPLP-Verdier de 2010 réputé comme l’un des plus performants de sa catégorie.
« D’Estais est un bon marin, doté de solides compétences, explique Lemonnier. « Il a le profil pour ce type de navigation. Il est très concentré sur la performance, même s’il sait que son bateau peut être légèrement en retrait dans certaines conditions. »
© Martin Keruzore_OERT
Après un départ qui s’annonce délicat dans des vents faibles, la flotte devrait rapidement retrouver des conditions plus établies en direction du Fastnet, que les premiers concurrents pourraient atteindre dès mardi après-midi. S’ouvrira alors une longue phase de portant, rapide et engagée, jusqu’au second waypoint virtuel situé au nord-ouest du cap Finisterre, avant de mettre le cap sur Concarneau, où l’arrivée est prévue entre vendredi et samedi prochain.
Enfin, Hubert Lemonnier se réjouit de voir trois navigatrices au départ, reflet des efforts engagés par la Classe pour renforcer la mixité : « C’est le fruit du travail mené ces quatre ou cinq dernières années. Aujourd’hui, on en voit les résultats : des jeunes, de nouveaux marins, des femmes, des profils qui méritent leur place et qui ont hâte de naviguer. »
Ed Gorman (traduit de l’anglais)
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