Ambrogio Beccaria et Manuel Cousin lancent leur saison sur la Vendée Arctique

La troisième édition de la Vendée Arctique–Les Sables d’Olonne, dont le départ sera donné dimanche, rassemble neuf IMOCA et compte parmi ses engagés deux figures importantes de la Classe : l’Italien Ambrogio Beccaria et le vétéran français Manuel Cousin.
Tous deux s’apprêtent à relever ce défi exigeant, qui conduira la flotte des Sables-d’Olonne jusqu’au cercle polaire arctique avant un retour en Vendée, à bord d'IMOCA ayant bénéficié d’importants travaux durant l’hiver.
Pour Manuel Cousin, l’enjeu est double. Son IMOCA Coup de Pouce est en effet une nouvelle monture et surtout son premier foiler. Anciennement La Mie Câline, ce plan VPLP-Verdier mis à l’eau en 2010 sous le nom de Foncia 2 a récemment été équipé de nouveaux foils. À 58 ans, le double participant au Vendée Globe découvre ainsi une nouvelle dimension de la Classe IMOCA.
De son côté, Ambrogio Beccaria prendra le départ à bord d’Allagrande MAPEI, le plan Antoine Koch–Finot-Conq lancé en 2022. Si de nouveaux foils sont en préparation, ils ne seront installés qu’après la course. L’hiver a toutefois été mis à profit pour modifier en profondeur leur positionnement dans la coque.
Une course pour apprendre
Présent lors des deux précédentes éditions de la Vendée Arctique, en 2020 et 2022, Manuel Cousin sait combien cette épreuve peut se révéler redoutable. Les conditions météorologiques y évoluent rapidement et les profondes dépressions de l’Atlantique Nord mettent souvent les marins solitaires à rude épreuve.
Le skipper français aborde donc cette course avant tout comme une étape d’apprentissage de son nouveau bateau et du vol en IMOCA.
« Nous ne nous sommes pas fixé d’objectif de performance particulier sur cette Vendée Arctique car nous en sommes encore au tout début du projet », explique-t-il. « Le second foil n’a été installé qu’il y a quinze jours et nous avons encore peu navigué. Ma qualification s’est bien déroulée, mais je ne connais pas encore le bateau en profondeur. »
Pour Manu Cousin, cette course doit lui permettre de faire corps avec sa machine, d’en comprendre le fonctionnement et de fiabiliser l’ensemble des systèmes. « Tout est nouveau. Nous avons installé des foils de dernière génération, il y a énormément de choses à apprendre et cela ne se fait pas du jour au lendemain. »
Conscient du potentiel de son bateau mais aussi des risques liés à une prise en main encore récente, il entend rester prudent si les conditions venaient à se durcir. « Je n’ai pas envie de commettre d’erreurs ni de me brûler les ailes. Il faut d’abord apprendre à maîtriser la bête », résume-t-il.
AMBROGIO Beccaria face à son premier grand test en solitaire
Pour Ambrogio Beccaria, l’exercice sera tout aussi particulier. La Vendée Arctique constituera sa première course en solitaire à bord d’Allagrande MAPEI, l’ancien For People.
Le navigateur italien de 34 ans, révélé en Mini puis en Class40, reconnaît aborder ce rendez-vous avec un mélange d’excitation et d’appréhension.
« J’ai beaucoup d’inquiétudes », confie-t-il. « Mais ma qualification, réalisée il y a une semaine, s’est très bien passée et cela m’a donné beaucoup de confiance. J’en avais besoin. Malgré tout, cette course reste très difficile et je sais que les huit ou neuf jours qui m’attendent seront particulièrement exigeants sur le plan psychologique. »
Face à lui se dresseront notamment Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance), Corentin Horeau (MACSF), Élodie Bonafous (Association Petits Princes-Quéguiner), Francesca Clapcich (11th Hour Racing) ou encore Nico D’Estais (Café Joyeux).
Un bateau profondément optimisé
Durant l’hiver, Ambrogio Beccaria et son équipe ont entrepris d’importantes modifications. Les puits de foils ont été repositionnés plus bas dans la coque afin d’augmenter la portance et le potentiel du bateau dans toutes les conditions.
Les nouveaux foils, plus grands et conçus pour cette nouvelle configuration, ne seront cependant disponibles qu’après la Vendée Arctique.
« Ce sera une situation un peu particulière car nous naviguerons avec des foils qui ne sont pas optimisés pour leur nouvelle position », explique le skipper italien. « Nous devons avancer étape par étape et attendre la fin de la course pour découvrir le véritable potentiel du bateau. »
Parallèlement à ces travaux, l’équipe a mené une importante chasse au poids. Une grande partie des équipements électroniques a été remplacée par des systèmes plus compacts et plus légers.
« Le poids est une philosophie : dès qu’on le voit, on cherche à le supprimer », sourit Beccaria. « Nous n’avons pas allégé la structure, mais nous avons réduit au maximum les équipements électroniques : moins d’écrans, un ordinateur beaucoup plus compact, des systèmes plus légers afin d’économiser du poids et de l’énergie. »
Un programme ambitieux et coûteux, rendu possible grâce à l’engagement total de son partenaire titre MAPEI. « Un projet IMOCA représente forcément un investissement important. Mais MAPEI est une entreprise très impliquée dans cette aventure et elle a pleinement soutenu cette démarche », souligne-t-il.
Sam Goodchild comme référence
Beccaria se réjouit de se mesurer à une flotte particulièrement relevée, tout en reconnaissant que Sam Goodchild fait figure de favori. « MACIF et Sam ont démontré à plusieurs reprises qu’ils étaient la référence. À l’exception de la Transat Café L’OR, ils ont remporté toutes les courses dès lors que les conditions étaient variées. Ils seront très difficiles à battre », estime l’Italien.
La passion intacte de Manuel Cousin
Doyen de la flotte, Manuel Cousin sera le skipper le plus âgé au départ, devant Arnaud Boissières (April Marine-Recherche Co-Partenaire). À l’approche de ce qui pourrait être son troisième Vendée Globe en 2028, sa motivation reste intacte. « Je m’entraîne toujours aussi sérieusement et l’envie est toujours là », affirme-t-il. « La petite flamme brûle encore avec la même intensité. Je continuerai tant que cela restera possible, tant que je prendrai du plaisir et que cela ne deviendra pas ridicule. »
Au-delà de sa propre carrière, le marin vendéen réfléchit désormais à la transmission de son expérience auprès des nouvelles générations. « Ce qui me ferait vraiment plaisir, ce serait de partager ce que j’ai appris sur ces bateaux, sur le Vendée Globe, sur la préparation et sur ces machines extraordinaires », explique-t-il.
« J’aimerais que ceux qui arrivent après moi soient aussi passionnés que je le suis. C’est essentiel. Sans passion, cela ne fonctionne pas. Ce qui me motive aujourd’hui, c’est toujours le plaisir, l’envie, la passion, et peut-être demain le désir de transmettre cette expérience. »
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•••Classement du championnat
| 01 | Sam GOODCHILD
MACIF SANTÉ PRÉVOYANCE | 50.00 pts | |
| 02 | Corentin HOREAU
MACSF | 45.00 pts | |
| 03 | Violette DORANGE
INITIATIVES-CŒUR | 40.00 pts | |
| 04 | Elodie BONAFOUS
ASSOCIATION PETITS PRINCES - QUÉGUINER | 38.00 pts | |
| 05 | Francesca CLAPCICH
11TH HOUR RACING | 36.00 pts | |
| 06 | Nico D'ESTAIS
CAFÉ JOYEUX | 35.00 pts | |
| 07 | Arnaud BOISSIÈRES
APRIL MARINE - RECHERCHE CO-PARTENAIRE | 34.00 pts |