Défi Pom’Potes : MACIF Santé Prévoyance signe le temps de référence

Grand ciel laiteux, mer à peine ridée… L’atmosphère avait des allures de parenthèse paisible ce vendredi 1er mai en baie de La Forêt. Une impression trompeuse.
Car sur l’eau, les IMOCA n’étaient pas là pour flâner mais bien pour en découdre à l’occasion du Défi Pom’Potes, prologue de la 1000 Race. Entre 12h et 16h30, le programme était limpide : un mille en ligne droite, des runs à répétition et une seule obsession : signer le meilleur chrono. Simple sur le papier, nettement moins en mer, le vent se faisant longtemps attendre avant de s’établir timidement autour de 10-12 nœuds.
À la chasse au moindre souffle
De jolis bolides alignés, des marins affûtés prêts à appuyer sur l’accélérateur… encore fallait-il de quoi remplir les voiles. Dans un flux de sud sud-ouest hésitant, les IMOCA ont dû composer, ajuster, patienter. Un exercice de précision où il fallait sentir avant même de voir venir : se replacer, déclencher au bon instant. À ce jeu-là, Sam Goodchild, aux commandes de MACIF Santé Prévoyance, a signé le meilleur temps du jour avec une vitesse moyenne de 23,68 nœuds, repartant au passage avec son poids en Pom’Potes. Derrière, Initiatives Cœur de Violette Dorange (21,3 nœuds), puis MACSF de Corentin Horeau (21,05 nœuds), ont complété le trio de tête dans des écarts infimes, au terme d’un exercice où rien n’était jamais acquis. Car dans ce petit temps, il fallait sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier : rester en éveil permanent, relancer, corriger, exploiter la moindre opportunité. Les équipages ont enchaîné jusqu’à cinq ou six tentatives, peaufinant leur trajectoire run après run pour accrocher la bonne fenêtre. Une vraie course de patience, où le bon timing a fait la différence et où tout s’est joué dans des enchaînements bien sentis.
© F. Van Malleghem Photographe
Immersion totale à bord
Et puis il y avait ceux qui vivaient l’expérience de l’intérieur. Embarqués à bord, les invités ont découvert un autre visage de la performance, au plus près des manœuvres et des sensations. Car naviguer sur un IMOCA, ce n’est pas seulement avancer : c’est ressentir chaque variation, chaque accélération, chaque souffle qui traverse le pont. Un moment suspendu, entre tension et émerveillement, qui rappelle toute la singularité de ces machines et de ceux qui les mènent. Une entrée en matière idéale avant le grand rendez-vous. Le Défi Pom’Potes a livré son verdict, mais il ne comptait pas pour le classement général. Reste que la montée en puissance est enclenchée : dès demain, les skippers enchaîneront avec le dernier briefing et les ultimes préparatifs avant le départ de la course, prévu ce dimanche 3 mai à 12 heures en baie de La Forêt. À ce stade, la direction de course privilégie toujours un parcours nord-sud, avec en premier lieu le contournement du mythique phare du Fastnet, au sud-ouest de l’Irlande. Une orientation qui doit encore être confirmée demain matin. D’ici là, chacun peaufine les derniers détails : le Défi a donné des repères, mais tout reste à écrire en course.
© F. Van Malleghem Photographe
Ils ont dit :
Sam Goodchild, skipper de MACIF Santé Prévoyance : « Il y avait finalement un peu plus de vent que prévu, surtout sur la fin, et ça a rendu les choses vraiment intéressantes. On a réussi à faire un run avec la petite voile d'avant et, clairement, ça allait plus vite, donc on est contents. C’était une super journée. On a réussi à faire des moyennes à plus de 20 nœuds et tout le monde est revenu à terre avec le sourire. Entre le beau temps, une mer plate et des conditions qui permettaient de voler, c’était vraiment chouette. C’est sûr que ça lance une bonne dynamique. On n’est pas là pour ça à la base, mais c’est toujours positif. Sur la Course des Caps - Boulogne sur Mer - Banque Populaire du Nord, on avait déjà remporté ce type de défi avant de gagner la grande course derrière, et c’était aussi le cas sur le Défi Azimut. Donc si ça peut être un bon signe pour la suite, je prends ! »
Violette Dorange, skipper d’Initiatives Cœur : « On ne s’attendait pas à avoir autant de vent, donc c’était une très bonne surprise. On a finalement eu un peu de tout : des phases sans vent, ce qui est aussi intéressant pour faire visiter le bateau aux partenaires et leur montrer l’intérieur, puis du vent pour pouvoir faire découvrir les sensations de vol. C’étaient vraiment des conditions idéales. Ça nous fait aussi une vraie répétition avant le départ : dérouler toutes les voiles, vérifier que tout fonctionne bien, enchaîner les manœuvres… Même les timings, les lancements, ce sont des détails en plus qui comptent. Et puis ça permet d’arriver plus détendus à deux jours du départ. Et ce qui est sympa, c’est de voir que tous ceux qui descendent du bateau ont le sourire. Ça fait plaisir, et ça contribue à aborder la course dans de bonnes dispositions. »
Corentin Horeau, skipper de MACSF : « C’était vraiment parfait. À chaque run, on se disait qu’il n’y aurait peut-être pas assez de vent… et finalement, tout le monde terminait avec le sourire. Les invités ont pu barrer, vivre les sensations, et ça, c’est génial. On a réussi à faire un run à plus de 20 nœuds, ce qui nous place plutôt bien, donc c’est sympa. Il n’y avait pas beaucoup de vent, autour de 10 à 12 nœuds, peut-être une risée à 13. Pour dépasser les 20 nœuds, il fallait clairement réussir à faire voler le bateau. On a mis un peu de temps à y parvenir, mais une fois lancé, ça a bien décollé et là, c’était vraiment incroyable. Selon les runs, il pouvait y avoir pas mal d’écarts, donc il fallait aussi un peu de réussite. À un moment, on a provoqué les choses, on s’est créé de l’espace et c’était le bon timing pour signer notre meilleur run. »
Pascal Colas, Directeur Général Materne France : « Ce Défi Pom’Potes a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses. Au-delà de la performance pure, c’est une véritable aventure humaine que nous avons vécue aujourd’hui, avec des conditions qui ont obligé chacun à faire preuve de finesse, d’intelligence et de solidarité. Voir ces skippers tirer le meilleur de leurs IMOCA, malgré un vent parfois hésitant, illustre parfaitement les valeurs que nous défendons chez Materne : l’engagement, la persévérance et le collectif. Les invités embarqués ont pu mesurer de l’intérieur l’exigence de ce sport, mais aussi toute la générosité des marins dans le partage de leur passion. C’est précisément ce qui donne du sens à notre présence ici : créer du lien, susciter des émotions fortes et inscrire Pom’Potes dans des moments authentiques et inspirants. »
Classement du Défi Pom’Potes :
1. MACIF Santé Prévoyance 23,68 nœuds
2. Initiatives Cœur 21,3 nœuds
3. MACSF 21,05 nœuds
4. 11th Hour Racing 20,57 nœuds
5. April Marine – Recherche co Partenaires 19,15 nœuds
6. Association Petits Princes – Quéguiner 18,95 nœuds
7. Café Joyeux 15,79 nœuds
Source : 1000 Race
Info Teams
Départ canon, nuit à couteaux tirés en perspective
Le signal a retenti à 12 heures pétantes ce dimanche 3 mai en baie de La Forêt, et les sept solitaires de la 1000 Race se sont élancés tambour battant dans un flux soufflant entre 12 et 14 nœuds.
•••La 1000 Race : Corentin Horeau prêt à relever le défi du petit temps et de sa première compétition e…
La Classe IMOCA retrouve aujourd’hui le chemin de la compétition pour la première fois en 2026, avec une flotte réduite mais de grande qualité, avec des skippers engagés en solitaire pour cette édition de la 1000 Race.
•••