2025 MACIF.SP Sam Goodchild 0377 M.Horlaville disobey Macif

Le 7 juin, neuf IMOCA prendront le départ de la troisième édition de la Vendée Arctique-Les Sables d'Olonne. Grand nord, conditions réputées rudes, territoire peu familier et cette année, c'est le champion en titre des IMOCA Globe Series, Sam Goodchild, qui se présente au départ en grand favori.

À dix jours du départ de cette course aller-retour vers le cercle arctique, le skipper de MACIF Santé Prévoyance est revenu sur les fondamentaux qui lui ont permis de s'imposer de belle manière lors de la 1000 Race, première épreuve de la saison 2026.

« Pour moi, la Vendée Arctique, c'est d'abord un retour à la voile en solitaire, ce qui est sur ces bateaux un sacré défi », confie Sam Goodchild. « Il s'agit de me rappeler comment tout gérer seul : le sommeil, l'alimentation, la navigation. Et de ne jamais oublier que la moindre erreur peut coûter très cher, très vite. Il faut être bien préparé, bien rodé, parce qu'en solitaire sur ces machines, la marge est infime. »

« La pression est là, c'est certain », ajoute-t-il. « On a bien démarré l'année avec la 1000 Race, on veut bien la finir avec la Route du Rhum et il n'y a aucune raison de ne pas faire pareil entre les deux, lors de la Vendée Arctique. »

La Vendée Arctique s'est forgé une réputation redoutable en deux éditions marquées par des conditions particulièrement fortes, en 2020 et en 2022. Cette année, la course adopte un format inédit. Pas de parcours fixe, une consigne unique : depuis Les Sables d'Olonne, les neuf skippers devront rallier le cercle polaire et en revenir, une latitude de l'hémisphère nord qui se situe dix degrés plus près du pôle Nord que le cap Horn ne l'est du pôle Sud.

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Par où passer ? C'est au choix des skippers, même si le chemin se fera probablement à l'est de l'Islande. Une route qui coupe les systèmes météorologiques se déplaçant vers l'est dans l'Atlantique nord, avec des conditions potentiellement violentes, des alternances rapides de vent, du froid, du brouillard, des zones d'exclusion pour protéger les baleines et éviter les glaces.

Sept bizuths prendront le départ, dont Sam Goodchild, qui ne minimise pas l’enjeu. « C'est une course qui nous emmène dans des zones où l'on navigue très peu, et ça comporte ses propres risques. Monter aussi loin au nord ne se prend pas à la légère. »

Sur le plan météo, il compare la Vendée Arctique au début d'une transatlantique qui se répète en boucle : « On coupe les systèmes en permanence. Ce sera comme les premières heures d'une transat, mais pendant huit à dix jours d'affilée. Ce n'est pas la Route du Rhum ou la Transat Café l'OR, où l'on passe 48 heures difficiles avant de viser les alizés et de souffler un peu. Là, ça pourrait être sans répit du début à la fin. »

Le plateau rassemble aussi plusieurs des talents les plus frais de la Classe IMOCA, en pleine montée en puissance vers la Route du Rhum - Destination Guadeloupe en novembre et le prochain Vendée Globe en 2028 : Corentin Horeau sur MACSF, Elodie Bonafous sur Association Petits Princes-Quéguiner (sistership de MACIF Santé Prévoyance), Violette Dorange sur Initiatives-Cœur, Ambrogio Beccaria sur Allagrande MAPEI, Nico d'Estais sur Café Joyeux, Francesca Clapcich sur 11th Hour Racing. Deux participants de la dernière édition sont également au départ : Manuel Cousin sur Coup de Pouce et Arnaud Boissières sur April Marine-Recherche Co-Partenaire.

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Arnaud Boissières, à la barre du plan VPLP-Verdier de 2015, l'ancien Hugo Boss, voit cette course comme une étape incontournable sur la route d'un sixième Vendée Globe, lui qui en a déjà terminé quatre, dont une 15e place en 2020-2021.

 « Il y a trois ou quatre étapes sur la route du Vendée Globe, et la Vendée Arctique en fait partie », analyse le skipper sablais de 53 ans. « C'est peut-être la première marche, la Route du Rhum sera la deuxième. Mais c'est une étape capitale : me démontrer à moi-même que je suis capable de faire une course rapide, une bonne course. »

Contraint à l'abandon lors de la dernière édition, non loin de l'arrivée d'un parcours raccourci au large de l'Islande, Arnaud Boissières entend tourner la page et parle ouvertement de « revanche ». Sa préparation matérielle en dit long sur son état d'esprit. « C'est une longue course, très difficile, avec des vents violents », explique-t-il. « Sur le Vendée Globe, on passe beaucoup de temps avec 50 nœuds, mais sur la Vendée Arctique, ces 50 nœuds peuvent être au près comme au portant. Alors cette fois, j'ai préparé le bateau non pas pour la Vendée Arctique, mais pour le Vendée Globe, par expérience. »

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Prendre le départ depuis le même port d'attache que le tour du monde en solitaire donne une saveur particulière pour Boissières, qui cherche par ailleurs un nouveau sponsor-titre. « La meilleure façon de trouver un sponsor, c'est de courir, de montrer son bateau à d'autres partenaires, à d'autres entreprises », dit-il simplement.
 
Il évoque aussi ce qui continue de l'animer, après toutes ces années, lui qui a disputé son premier Vendée Globe en 2008. « Parce que j'aime ça. J'aime la voile, j'aime me dépasser. Et j'aime me dépasser en solitaire, sur un bateau qui est un vrai plaisir à naviguer et qui a une belle histoire. »

Sam Goodchild, lui, prendra le départ en grand favori, en quête d'un deuxième succès consécutif cette saison. La pression ? Il l'assume sans détour. « Honnêtement la pression vient surtout de moi », reconnaît-il. « L'équipe autour du projet et tous ceux qui nous soutiennent aiment gagner, c’est certain. Ce n'est pas toujours parfait, mais on a clairement un schéma qui fonctionne. Pour autant, on continue de se poser les bonnes questions, parce que c'est ça, la course au large : toujours chercher à faire mieux.  »

Ed Gorman (traduit de l'anglais)