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Sixième, 10 jours 7 heures 15 minutes et 22 secondes. Nico d'Estais a franchi ce mercredi 17 juin la ligne d'arrivée de la Vendée Arctique – Les Sables d'Olonne au terme de 10 jours d'une course.

Pour sa première participation à cette boucle aller-retour entre les Sables d’Olonne et le cercle polaire arctique, le skipper de Café Joyeux a enchainé les petits airs, les coups de vent, le mal de mer, les choix stratégiques, une avarie en pleine nuit et une bataille jusqu'aux derniers milles avec Arnaud Boissières. Nico d’Estais valide la première phase qualificative vers le Vendée Globe avec un bagage d'expérience considérablement enrichi.

Le départ a été donné dimanche 7 juin aux Sables-d'Olonne dans un vent léger. Des conditions favorables à Nico d'Estais, dont l'IMOCA à dérives est resté au contact des foilers durant les premières heures de course.

« Je suis entouré par Élodie Bonafous, Violette Dorange et Sam Goodchild. Tant que le vent ne rentre pas, ça va être le cas. »

Après cette entame prometteuse, la flotte a rapidement changé de registre. Entre l'île d'Yeu et la Bretagne, les transitions météo se sont succédé, les changements de voiles se sont enchaînés et les premiers choix stratégiques sont apparus avant l'arrivée d'un front particulièrement actif.

La remontée vers l'Irlande a marqué un premier tournant. Avec plus de 25 nœuds de vent, jusqu'à 30 dans les rafales, et une mer de plus de quatre mètres, les organismes comme les bateaux ont été mis à rude épreuve.

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« On a passé le front juste là et c'était assez soudain et assez violent. En cinq minutes, il faut bouger les voiles, le matériel, matosser à l'intérieur. Depuis le départ, on n'a pas chômé : beaucoup de transitions, de changements de voile, de virements. Au début c'était sympa… là, je suis dans le dur ! »

Une bataille jusqu'au bout

La descente vers Les Sables-d'Olonne n'a ensuite offert aucun répit. Au fil des jours, une bataille s'est engagée avec Arnaud Boissières. Les deux marins sont restés proches au classement, chaque transition météo étant susceptible de redistribuer les cartes.

Cette fin de course a été compliquée par une avarie. Alors qu'il naviguait à près de 18 nœuds, Nico a cassé une amure de voile d'avant. En pleine nuit, il a dû interrompre sa progression, sortir sur le bout-dehors pour effectuer la réparation avant de reprendre sa route.

« J'étais déjà sous pression avec Arnaud Boissières derrière moi. J'ai cassé une amure de voile d'avant alors que je naviguais à près de 18 nœuds. Il a fallu gérer la réparation et aller sur le bout-dehors en pleine nuit. J'ai énormément travaillé et je suis carbonisé. Je crois que cela faisait près de trente heures que je n'avais pas dormi. »

Malgré cette péripétie, les nombreuses manœuvres et des conditions toujours instables, le skipper de Café Joyeux est parvenu à conserver son avantage sur son poursuivant jusqu'à la ligne d'arrivée.

Une étape importante dans le projet IMOCA

Au-delà du résultat, cette première Vendée Arctique constitue une étape importante dans la progression de Nico d'Estais. Cette navigation jusqu'au cercle polaire lui aura permis d'accumuler une expérience précieuse en solitaire, dans des conditions variées et exigeantes.

« Finalement, cette course ressemble à un mini Vendée Globe. Il y a des galères, mais elles font partie du jeu. J'aime résoudre ces problèmes. C'est comme ça qu'on apprend. C'est comme ça qu'on forge le caractère nécessaire pour envisager un jour un tour du monde. »

Source : Café Joyeux