Malizia 4, le nouvel IMOCA de Boris Herrmann et Team Malizia, mis à l'eau

Après deux ans de conception et de construction, Boris Herrmann et son équipe célèbrent aujourd'hui le lancement de leur nouvel IMOCA tant attendu, Malizia 4.
Conçu pour la nouvelle génération de course au large, le bateau accompagnera l'équipe dans les prochaines éditions de The Ocean Race et du Vendée Globe, alliant technologies de pointe et expérience acquise au fil des années de course autour du monde.
Ce lundi matin, à 7h38 heure locale, Boris Herrmann et le Team Malizia ont célébré une étape majeure : leur nouvel IMOCA, Malizia 4, a touché l'eau pour la première fois à Lorient. Ce lancement marque le début du prochain chapitre sportif de l'équipe, après deux ans de conception et de construction ayant mobilisé plus de 150 personnes et plus de 85 000 heures de travail.
« Aujourd'hui est un jour très émouvant pour nous tous », a déclaré Boris Herrmann, skipper du Team Malizia, entouré de nombreuses personnes ayant consacré des centaines d'heures à la conception et à la construction du bateau. « Depuis des mois, nous avons vu Malizia 4 prendre forme, des plans jusqu'à la construction pièce par pièce, et la voir enfin à l'eau est un moment très spécial. Je suis incroyablement fier de l'équipe et de ce que nous avons accompli. Ça me rend euphorique de la voir. »
Après la mise à l'eau près du chantier CDK à Lorient La Base, Malizia 4 rejoindra, grâce à son tout nouveau moteur, le quai Papin, où les opérations se poursuivront à 8h30 avec l'installation du mât, de la bôme, des barres de flèche et du gréement. Une fois le bateau au quai Papin, le public pourra observer les opérations à distance raisonnable. À partir de midi, l'équipe procédera à une série de tests statiques, en appliquant des charges au bateau pour vérifier que tous les systèmes répondent comme attendu. Le test de stabilité à 90 degrés, obligatoire pour la Classe IMOCA, sera réalisé demain matin à 8h30, avant le début des préparatifs pour les premiers essais en mer du voilier.
« Un bateau n'est pas seulement une machine, c'est aussi quelque chose avec quoi on développe une relation émotionnelle », a ajouté Boris Herrmann. « Je le ressens déjà. Je le trouve magnifique, avec ses lignes agressives et ses couleurs Malizia si reconnaissables, et j'ai hâte de ressentir les premières sensations quand on prendra la mer. Je sens la même chose chez les autres marins : tout le monde est vraiment impatient de naviguer. »
Malizia 4 a été pensé autour d'une philosophie directrice : créer un IMOCA polyvalent, capable de performer dans la plus large gamme de conditions possible. « Notre précédent IMOCA était très performant au portant dans le gros temps, et nous voulions conserver cet atout », a expliqué le skipper allemand. « En même temps, nous voulions construire un bateau rapide au près, rapide dans le petit temps, réactif dans les transitions, et qui décolle tôt grâce à des foils puissants. »
Le nouveau bateau est le fruit d'une collaboration inédite entre trois équipes IMOCA. Le Team Malizia, TR Racing (skipper Thomas Ruyant, lancé en juin 2026) et le Team Banque Populaire (skipper Loïs Berrehar, lancement prévu en 2027) ont uni leurs forces pour développer et construire trois sisterships. En combinant leur expertise et leur ambition, les équipes ont travaillé aux côtés de l'architecte naval Antoine Koch, du bureau d'études Finot-Conq et du bureau d'ingénierie structurelle Gsea Design. Ces sisterships sont une évolution du précédent design IMOCA signé Koch (ex-Vulnérable, aujourd'hui Allagrande MAPEI).
Le résultat est une coque plus étroite, plus plate, avec un rocker nettement réduit par rapport au précédent bateau du Team Malizia. Conformément aux règles de la classe IMOCA, la coque mesure 60 pieds (18,23 m) de long et est équipée d'un tangon de 6 pieds. Comme sur Malizia - Seaexplorer, le matériau nid d'abeille CORMASTER® de Schütz a été utilisé pour les structures de coque et de pont.
Les plus attentifs remarqueront la « blade », un nouvel élément distinctif le long du bas de la coque noire et rouge. « Son objectif est de réduire la surface mouillée lorsque le bateau gîte », a expliqué le directeur technique Pierre-François Dargnies. « La blade crée une frontière qui aide l'eau à se détacher proprement de la coque et à réduire la traînée. »
Le voilier est équipé du mât rotatif en carbone monotype IMOCA fourni par Lorima. Ce mât de Génération 2 culmine à 27 mètres au-dessus du pont (28,5 m depuis la ligne de flottaison jusqu'au sommet du mât) et pèse 20 kg de plus que la version précédente, portant le poids total du mât, de la bôme et du gréement à environ 540 kg. Comme sur le précédent bateau, les cordages sont fournis par le partenaire technique Gleistein Ropes.
« Les foils ont été conçus avec un objectif clair : égaler la performance au portant de Malizia – Seaexplorer dans le gros temps, tout en restant compétitifs face à des bateaux comme MACIF dans le plat et par vent léger », a précisé Pierre-François Dargnies. « Construits par C3 Technologies, leur forme est un compromis entre nos précédents foils en C et des dessins plus plats, plus performants au près et dans les transitions. »
Peints en rouge Monaco comme les foils et la quille — à l'image de tous les appendices des précédents bateaux du Team Malizia — les safrans en V de Malizia 4 constituent une autre évolution visible, conçue pour améliorer le réglage du bateau.
Pensé à la fois pour The Ocean Race et le Vendée Globe, Malizia 4 dispose d'un cockpit entièrement fermé avec de larges fenêtres panoramiques, deux tables à winchs équipées de winchs plus imposants, et une disposition plus épurée qui facilite les déplacements et améliore l'efficacité. Au premier regard, l'une des différences les plus visibles dans le cockpit réside dans les roues de barre, qui remplacent la barre franche. « Notre objectif est de gagner The Ocean Race, et pour cela, nous pensons qu'il faut barrer à la main, ce qui peut apporter un gain plus important qu'une nouvelle forme de coque ou de foil », a expliqué Boris Herrmann. « La plus grande différence, ce sont nous, les marins, qui la faisons, du moins dans certaines conditions. Cela signifie que la barre doit être ergonomique, abritée pour qu'on puisse y rester longtemps, et suffisamment réactive pour sentir le bateau et prendre du plaisir à le barrer. »
Deux couchettes sont situées dans la cabine arrière. Deux couchettes supplémentaires, ainsi que le siège et les ordinateurs de navigation, sont installés dans des espaces fermés de part et d'autre du cockpit, créant des espaces de vie très proches du cockpit. Le poste de voiles à l'avant du bateau est accessible depuis ces espaces latéraux fermés.
Le nouveau partenaire technique ifm a équipé le bateau de capteurs avancés permettant un suivi en temps réel des systèmes clés à bord. Des capteurs de pression mesurent en continu les niveaux des ballasts, tandis que des capteurs radar innovants surveillent la hauteur de vol et l'assiette du voilier en mode foil, fournissant de précieuses données de performance aux marins et à l'équipe à terre.
Le voilier compte également plus d'un kilomètre de câblage embarqué relié à l'électronique fournie par B&G, ainsi qu'un pilote automatique développé avec Pixel sur Mer, des hydrogénérateurs, et la technologie SEA.AI, qui utilise intelligence artificielle, caméras optiques et imagerie thermique pour aider les équipages à détecter les objets flottants en mer avant toute collision.
Malizia 4 est doté d'un système hybride-électrique de propulsion et d'énergie optimisé, avec un moteur électrique Molabo, un générateur Fischer Panda et des batteries Solid State Marine. Le moteur est un système essentiel pour les manœuvres portuaires et la sécurité, et sert également à recharger les systèmes énergétiques du bateau lorsque les sources renouvelables, comme l'hydrogénération, sont insuffisantes. « Après avoir été les pionniers de ce système à bord de Malizia – Seaexplorer, nous avons pu optimiser toute l'installation autour de lui sur le nouveau bateau », a noté le conseiller technique Jesse Naimark-Rowse.
Contrairement à de nombreuses autres équipes IMOCA, le voilier de course du Team Malizia n'est pas le panneau publicitaire d'une seule marque : il arbore la roue des Objectifs de développement durable des Nations Unies et le slogan de l'équipe, « A Race We Must Win – Climate Action Now », dans le but de sensibiliser et d'inspirer une action climatique ambitieuse. Le Team Malizia et ses six partenaires principaux — le Yacht Club de Monaco, EFG International, Zurich Group Germany, Hapag-Lloyd, SCHÜTZ et KPMG Germany — sont unis par cette mission commune, qui allie voile, science, éducation et partenariats.
Conçue par JB Epron, la nouvelle identité visuelle noir et rouge du bateau est une évolution de celle de Malizia - Seaexplorer et affiche une question intrigante sur la coque : « What's under your boat? » (Qu'y a-t-il sous ton bateau ?). C'est un clin d'œil à la question que Sylvia Earle a posée à Boris Herrmann lors de leur première rencontre. Depuis, l'océanographe et exploratrice de renommée mondiale a baptisé le navire de recherche du Team Malizia, et cette même question a aussi inspiré le titre du nouveau livre de Boris Herrmann consacré au climat et à l'Océan.
Avec l'OceanPack, un mini-laboratoire déjà installé sur les précédents bateaux de l'équipe et bientôt aussi sur Malizia 4, le Team Malizia continuera de récolter de précieuses données océaniques — CO2 en surface, température, salinité — pendant les courses comme lors des convoyages. Ces données, rares dans des zones reculées comme l'océan Austral, aident les scientifiques à mieux comprendre le rôle de l'Océan dans notre système climatique.
« Le bateau, qui navigue sous pavillon monégasque, continue de porter le numéro de voile MON1297. Il représente l'année où Francesco Grimaldi, dit ‘Il Malizia', a conquis le Rocher de Monaco », a précisé Boris Herrmann. « Nous célébrerons son baptême ainsi que les 10 ans du Team Malizia avec toute l'équipe, nos partenaires, nos amis et nos familles, le 18 juillet 2026 à Lorient. Ce sera encore une journée magnifique à partager ensemble. D'ici là, et jusqu'à la convoyage vers New York mi-août, nous saisirons chaque occasion de naviguer avec elle et de nous entraîner sur ce magnifique bateau de course. »
Le Team Malizia disputera d'abord The Ocean Race Atlantic en équipage, de New York à Lorient (départ le 1er septembre), avant que Boris Herrmann ne s'attaque en solitaire à la Route du Rhum, puis à The Ocean Race en équipage en 2027 (départ le 17 janvier 2027 à Alicante, en Espagne) et, enfin, à son troisième Vendée Globe en 2028-2029.
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•••Classement du championnat
| 01 | Sam GOODCHILD
MACIF SANTÉ PRÉVOYANCE | 230.00 pts | |
| 02 | Violette DORANGE
INITIATIVES-CŒUR | 205.00 pts | |
| 03 | Ambrogio BECCARIA
ALLAGRANDE MAPEI | 200.00 pts | |
| 04 | Elodie BONAFOUS
ASSOCIATION PETITS PRINCES - QUÉGUINER | 188.00 pts | |
| 05 | Francesca CLAPCICH
11TH HOUR RACING | 176.00 pts | |
| 06 | Nico D'ESTAIS
CAFÉ JOYEUX | 165.00 pts | |
| 07 | Arnaud BOISSIÈRES
APRIL MARINE - RECHERCHE CO-PARTENAIRE | 154.00 pts | |
| 08 | Manuel COUSIN
COUP DE POUCE | 110.00 pts | |
| 09 | Corentin HOREAU
MACSF | 45.00 pts |