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Après deux jours de course dans l’Atlantique Nord, les six IMOCA engagés dans The Ocean Race Atlantic connaissent des fortunes diverses. Lancés à pleine vitesse sur la traversée entre New York et Lorient, les équipages doivent composer avec les premiers pièges de cette longue remontée de l’Atlantique.

En tête en début de course, Team Malizia (GER) a payé cher plusieurs transitions de vent imprévisibles, provoquées par d’imposants nuages de pluie. Contraint de faire route plus au nord que prévu, l’équipage allemand a vu ses rivaux se rapprocher progressivement.

Une situation d’autant plus frustrante que United by the Ocean (FRA), skippé par Paul Meilhat, et Team Francesca Clapcich Powered by 11th Hour Racing (USA), mené par Francesca Clapcich, ont, eux, navigué plus au sud et semblent avoir échappé aux caprices du vent. Résultat : les deux bateaux ont pu progresser vers l’est à un rythme plus régulier.

Justine Mettraux (SUI), membre de Team Malizia, raconte les difficultés rencontrées à bord : « Nous étions un peu plus au nord que nos adversaires et nous avons eu des transitions de vent inattendues qui nous ont empêchés d’aller vers l’est autant que nous l’aurions voulu. C’est encore ce qui se passe en ce moment. Nous devrions avoir un vent autour de 150-160 degrés, mais pour l’instant, il est beaucoup plus de face. Nous avons du nord-est, ce qui n’est vraiment pas idéal, alors que les autres bateaux n’ont pas ce problème. »

« Nous avons donc perdu pas mal de terrain aujourd’hui. Mais il n’y a pas grand-chose à faire, à part essayer de tirer le meilleur parti de ce que nous avons et espérer que ça s’améliore. Ce n’est pas facile depuis hier soir. »

Comme si cela ne suffisait pas, Team Malizia a également dû gérer un problème technique. Une trappe du ballast avant s’est arraché sous les chocs répétés du bateau, laissant l’eau de mer s’infiltrer dans l’étrave.

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Le skipper Boris Herrmann a rapidement trouvé une solution : récupérer la trappe du ballast arrière pour le monter à l’avant, avant de procéder à l’évacuation de l’eau. L’équipage a découvert l’avarie lorsque le niveau du ballast avant a commencé à baisser progressivement.

« Le niveau indiqué baissait, baissait encore, alors je suis allé vérifier à l’avant », a expliqué Herrmann. « J’ai découvert qu’une des trappes s’était arraché sous les chocs du bateau. Le compartiment avant était rempli d’eau, il y avait 200 litres d'eau je pense. Nous avons donc récupéré la trappe arrière du ballast, l’avons installé à l’avant et avons vidé l’eau. Maintenant, nous pouvons de nouveau utiliser notre ballast avant. Mais j’espère qu’on n’oubliera pas qu’il n’y a plus de trappe à l’arrière ! »

Tandis que Team Malizia perdait du terrain au nord, Meilhat et Clapcich, au sud, revenaient progressivement sur Herrmann, au point de voir United by the Ocean prendre les commandes de la course aux alentours de minuit CEST (22h00 UTC). L’équipage français a conservé la tête pendant quelques heures, avant que Team Malizia ne reprenne les commandes.

À 14h00 CEST (12h00 UTC), l’équipage de Boris Herrmann affichait ainsi 11 milles nautiques d’avance sur United by the Ocean. Team Francesca Clapcich Powered by 11th Hour Racing occupait la troisième place, à neuf milles supplémentaires.

Derrière ce trio, DMG MORI Sailing Team (JPN), skippé par Kojiro Shiraishi, a réalisé une belle remontée pendant la nuit pour s’emparer de la quatrième place, à 42 milles nautiques du leader. Embrace the Challenge (SUI), mené par Oliver Heer, suivait à cinq milles.

MSIG Europe (NZL), le seul bateau sans foils de la flotte, était jusque-là parvenu à rester au contact des foilers. Mais un problème d’enrouleur de voile d’avant a contraint Conrad Colman et son équipage à abattre et à faire route au portant vers le nord, le temps d’effectuer la réparation.

L’incident a coûté environ 30 milles nautiques au bateau néo-zélandais. À 14h00 CEST, MSIG Europe avait repris sa route, mais se retrouvait désormais très au nord et accusait 116 milles nautiques de retard sur le leader.

Une dépression à surveiller de très près

Cet après-midi, les cinq bateaux de tête faisaient route au nord-est à des vitesses comprises entre 12 et 19 nœuds, dans un vent de sud oscillant entre 12 et 18 nœuds.

Derrière la bataille au classement se joue cependant un autre duel, à l’échelle de l’Atlantique Nord. Tous les équipages cherchent désormais à optimiser leur position face au système dépressionnaire qui se forme autour d’eux.

L’objectif est clair : se placer devant le front et exploiter son bord d’attaque pour surfer vers l’est pendant que la dépression balaie l’océan. Mais rester trop en retrait pourrait s’avérer beaucoup plus coûteux, avec le risque de se retrouver au cœur de la tempête, confronté à des vents violents et à une mer particulièrement formée.

« Nous essayons d’aller aussi vite que possible, mais nous avons un peu de mer formée, de la houle, qui nous arrive de face », expliquait Paul Meilhat. « Ce n’est pas très confortable, mais il fait beau et ça va vite. Je pense que ces conditions seront meilleures que celles que nous rencontrerons dans les prochains jours, donc on essaie d’en profiter. »

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Le skipper français sait que le timing sera déterminant. Son objectif est de creuser l’écart avec la dépression avant la fin de la journée pour éviter le plus gros des conditions difficiles.

« Plus on reste en retrait, plus on a de vent fort et de grosses vagues », résume-t-il.

Team Malizia se console avec le Super Sprint

Après une journée mouvementée sur l’Atlantique, Team Malizia a néanmoins pu retrouver le sourire vendredi lors du Super Sprint. L’équipage allemand y a décroché sa deuxième victoire de la série face à DMG MORI Global One.

De son côté, MSIG Europe a créé la surprise. Malgré son bateau dépourvu de foils et les difficultés rencontrées sur la course au large, l’équipe de Conrad Colman a signé une remarquable performance pour monter sur la troisième marche du podium.

La course reste à suivre en direct, avec un accès sans précédent aux marins et aux équipes, sur theoceanrace.com.

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