Révolution versus évolution : deux nouveaux IMOCA très différents se préparent pour The Ocean Race Atlantic

La première édition de The Ocean Race Atlantic, en septembre prochain, verra s'affronter pour la première fois deux exemples des toutes dernières tendances en matière de conception d’IMOCA.
Malizia 4 (GER) de Boris Herrmann et DMG MORI Global One (JPN) de Kojiro Shiraishi — tous deux lancés à Lorient, en France, ces dernières semaines et actuellement en phase de « mise en service » par leurs équipes respectives — incarnent deux philosophies de conception très différentes.
Mis à l'eau en premier début juin, DMG MORI Global One a été conçu par le légendaire Guillaume Verdier, célèbre non seulement pour ses succès dans le monde de l'IMOCA, mais aussi pour sa contribution à la création de la classe AC75, le monocoque à foils de l’America’s Cup.
L’architecte français semble en effet avoir intégré au nouveau bateau japonais certains éléments du profil sous-marin de l'AC75 — notamment une « bosse » (bustle) prononcée courant sur toute la longueur de son axe central.
C'est une caractéristique qui n'avait jamais été vue auparavant sur un IMOCA, et qui — comme l'explique Verdier — en dit long sur la manière dont ce bateau diffère de la norme IMOCA établie.
« La plupart des IMOCA sont en forme de U », déclare-t-il. « Cela permet de réduire la surface mouillée de la coque lors de la gîte. Nous avons décidé de prendre le contre-pied et de créer un bateau conçu pour rester le plus à plat possible. »
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Guillaume Verdier décrit la nouvelle forme de coque immergée comme s'apparentant à la coque centrale d'un multicoque, et précise qu'il s'attend à ce que l'angle de gîte normal du bateau soit d'environ huit à neuf degrés.
« Nous allons déplacer tout le volume du bateau sur cette bosse », explique-t-il. « Cela représente une surface mouillée équivalente à 70-75 % — soit une économie d'environ 20 mètres carrés. »Selon Verdier, la conséquence directe du faible angle de gîte et du fait que le bateau navigue sur cette bosse centrale est un confort accru pour l'équipage, le bateau glissant sur les vagues.
Jacques Caraës, Team Manager de DMG MORI Sailing Team, décrit le nouveau bateau comme « une nouvelle page dans la conception des IMOCA ». « Tout le monde attendait de voir ce bateau », confie-t-il. « Nous pensons qu'il sera très stable et espérons que cela signifie aussi qu'il volera un peu plus tôt. Il va falloir attendre un peu pour le découvrir. »
Toujours à Lorient, la semaine dernière, Team Malizia a célébré la mise à l'eau de Malizia 4, conçu par Antoine Koch et le cabinet Finot-Conq. Si le nouveau DMG MORI peut être qualifié de révolution, son rival allemand relève plutôt de l'évolution.

Le nouvel IMOCA de Boris Herrmann est le deuxième d'une série de trois bateaux construits dans le cadre d'une collaboration unique à trois entre le skipper allemand et les Français Thomas Ruyant (TR Racing) et Loïs Berrehar (Banque Populaire). Le bateau de Thomas Ruyant a été mis à l'eau à Lorient le 19 juin, et celui de Berrehar devrait être prêt début 2027. Les trois bateaux partagent une forme de coque identique, mais diffèrent à l'intérieur pour s'adapter aux exigences ergonomiques de chacun des trois skippers.
Boris Herrmann se décrit comme aussi heureux qu'un enfant recevant un nouveau jouet, tout en soulignant que le lancement de ce nouveau bateau ponctue deux années de travail intense pour toute l'équipe.
Interrogé sur les différences entre son nouveau bateau signé Koch et celui de Shiraishi, conçu par Verdier, Herrmann affirme que les différences sont considérables.
« Les philosophies de conception sont très différentes », déclare-t-il. « Leur bateau est large, puissant, tandis que le nôtre est effilé et étroit. Ce sont des bateaux complètement différents : celui de Guillaume Verdier a une bosse. Si on les mettait côte à côte, on croirait voir deux classes différentes. »

Boris explique avoir choisi de travailler avec Antoine Koch pour son troisième IMOCA après avoir observé les performances au large impressionnantes de Thomas Ruyant et de son compatriote français Yoann Richomme lors du Vendée Globe 2024-25. Il s'est notamment intéressé à la manière dont les bateaux conçus par Antoine Koch géraient si bien les grosses vagues des mers australes, grâce à leurs sections d'étrave à bouchains.
Il n'est donc pas surprenant de voir Malizia 4 arborer une étrave à double bouchain prononcée, destinée à l'aider dans les conditions rapides de vent portant. Cependant, selon le co-skipper de l'équipe Malizia, Will Harris (GBR), le nouveau bateau allemand a été conçu pour être plus polyvalent que la version précédente.
« Ce que nous avons là, c'est la nouvelle génération de conception d’IMOCA. Nous cherchons à conserver cette vitesse et cette puissance au portant grâce aux gros bouchains à l'avant, qui nous aident à traverser les vagues, mais nous avons aussi plus de puissance dans le bateau, ce qui va nous aider au près, dans les conditions de vent moyen et léger. »
Au moment de la rédaction de cet article, Malizia 4 a navigué deux fois la semaine précédente. La première sortie était une navigation d'essai à sept nœuds — que l'équipe a mise à profit pour examiner la nouvelle garde robe des voiles — mais la seconde sortie, quelques jours plus tard, a vu le bateau voler pleinement sur une mer plate, par 12 nœuds de vent.
Le skipper de Malizia s'est dit pleinement satisfait du déroulement de cette première semaine avec le nouveau bateau.
« Tout fonctionne, alors félicitations à l'équipe et à l'architecte », déclare-t-il. « Nous avons réussi un vol stable et le bateau se sent vraiment bien à la barre. La direction est très agréable et nous pouvons mieux contrôler le bateau longitudinalement que le précédent. Il est bien équilibré et tout se passe bien. Nous avons su après cinq minutes de vol que nous avions quelque chose de spectaculaire — ce bateau est incroyable. »
Les deux équipes se concentrent désormais intensément sur la préparation de leur bateau respectif en vue de leur première transatlantique en convoyage entre Lorient et New York, avant le coup d'envoi de la toute première édition de The Ocean Race Atlantic, le 1er septembre.
« Il ne faut vraiment pas sous-estimer ce que nous devons accomplir pour y arriver », déclare Will Harris. « Lancer l'un de ces nouveaux bateaux est vraiment un challenge. S'assurer que chaque système fonctionne de manière suffisamment fiable pour traverser l'Atlantique - où l'on se trouve à plus d'une semaine de toute assistance technique - c'est un enjeu majeur auquel nous devons être prêts à faire face. »
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•••Classement du championnat
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MACIF SANTÉ PRÉVOYANCE | 230.00 pts | |
| 02 | Violette DORANGE
INITIATIVES-CŒUR | 205.00 pts | |
| 03 | Ambrogio BECCARIA
ALLAGRANDE MAPEI | 200.00 pts | |
| 04 | Elodie BONAFOUS
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| 05 | Francesca CLAPCICH
11TH HOUR RACING | 176.00 pts | |
| 06 | Nico D'ESTAIS
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| 08 | Manuel COUSIN
COUP DE POUCE | 110.00 pts | |
| 09 | Corentin HOREAU
MACSF | 45.00 pts |