Victoire écrasante de Sam Goodchild sur les 48 Heures du Défi Azimut

En tête depuis le départ, bras de fer jusqu’au bout, victoire nette. Sam Goodchild, skipper de MACIF Santé Prévoyance, a remporté ce matin les 48 Heures du Défi Azimut en solitaire. C’est son deuxième succès de la saison 2026, après la 1 000 Race en mai.
Il voulait sa revanche. Il l’a eu. Battu par Ambrogio Beccaria sur la Vendée Arctique en juin, Sam Goodchild a cette fois pris le dessus sur l’Italien. Les deux skippers se sont tirés la bourre sur presque toute la course, à quelques minutes l'un de l'autre. Puis l'écart s'est creusé, jusqu'à dépasser les deux heures à l'arrivée. Jamais le franco-britannique n'a laissé « Bogi » passer devant.
Sam Goodchild donne le ton dès le départ
Au programme : un triangle dans le golfe de Gascogne, au départ de Lorient. Les 14 IMOCA ont d’abord filé plein sud, au portant, vers une marque située au large de l’estuaire de la Gironde. Cap ensuite vers un waypoint situé à 110 milles à l’ouest de Penmarc’h, au près, dans un air plus léger, avant un retour vers Lorient.
Dès le coup de canon, le skipper de MACIF affiche la couleur. Dans une vingtaine de nœuds, il franchit la ligne à pleine vitesse, en tête. Quelques minutes plus tard, il se glisse derrière un cargo, puis vire au-dessus de Jérémie Beyou (Charal), qui termine troisième. Le message est clair : Sam Goodchild voulait prendre les commandes immédiatement.
Il termine en 1 jour, 14 heures et 48 minutes, après 640 milles réellement parcourus à 16,5 nœuds de moyenne. Un chrono qui doit beaucoup à cette pression mise d'entrée sur ses concurrents.
« J’ai commencé la course en me disant : “C’est ici que ça va se jouer”, raconte-t-il. “Il fallait un bon départ, aller vite et ne pas trop réfléchir. C’est ce qu’on a fait. Mais je n’étais pas seul : deux ou trois autres bateaux m’ont suivi. On a très vite mis le rythme très haut et les autres étaient capables de tenir. »
© Guillaume Gatefait / Disobey. / MACIF
Le cargo, premier coup de chaud
Au départ, Sam Goodchild a dû gérer le passage du cargo. Passer devant ? Il a hésité, puis choisi de contourner par l'arrière. « J’ai hésité à passer devant. Avec tout le monde qui regarde, si quelque chose tourne mal, ce n’est pas vraiment la chose la plus intelligente à faire. J’ai donc choisi l’option la plus sûre. »
Une décision qui lui a toutefois coûté cher en énergie. « Cela m’a envoyé ans le rouge. Abattre avec un IMOCA lancé à 20 nœuds, rouler la voile d’avant, virer deux fois et passer derrière… c’était déjà très intense. Et le cargo ne nous a pas vraiment aidés. »
Au près, la course bascule
Jusqu’à la première marque, le suspense reste entier. Sur Allagrande MAPEI, Ambrogio Beccaria colle au sillage de MACIF Santé Prévoyance. Les deux bateaux franchissent la marque à moins d’une minute d’intervalle.
Tout se joue ensuite, au moment de remonter au près dans un vent plus léger. MACIF Santé Prévoyance accélère et creuse l’écart décisif. Sam Goodchild se montre particulièrement satisfait du comportement de son IMOCA, aussi performant au près qu’au portant sur un parcours qui convenait parfaitement. Mais il sait qu’avec Ambrogio Beccaria, la moindre erreur peut se payer comptant.
« Ambrogio met une intensité folle et ne lâche jamais rien. Vu de l’extérieur, on voit bien que pour le battre, il faut être en forme et éviter de faire des erreurs. » Le prochain épisode de ce duel entre les deux hommes est déjà programmé : la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, en novembre.
© Jean-Louis Carli / DÉFI AZIMUT
Beccaria, battu mais heureux
Pas de déception chez Ambrogio. Il sort de ces 48 heures avec le sourire, convaincu d'avoir fait une course très propre. « Je suis très fier de moi », a-t-il lancé après avoir bouclé le parcours à 15,8 nœuds de moyenne.
Les parcours courts ne sont pas son terrain de jeu, il le reconnaît. Il est pourtant content de son bateau. Mais les conditions, au près, dans un vent faible à médium, ont clairement joué pour MACIF.
« Sam a des voiles plus grandes que les miennes, donc dès que le vent a faibli, il est reparti plus facilement que moi. Je ne suis peut-être pas le plus à l’aise dans ces conditions et lui possède vraiment le bateau le plus incroyable de la flotte IMOCA dans ces conditions. »
Il insiste sur l’écart de vitesse entre les deux bateaux : « C’est impressionnant parce qu’il est toujours au moins un nœud plus rapide que le reste de la tête de flotte. »
© Manon Le Guen / DÉFI AZIMUT
La Route du Rhum en ligne de mire
À l’approche de la Route du Rhum, Ambrogio revient à terre surtout avec de la confiance. Après les difficultés techniques rencontrées sur la Vendée Arctique, finir sans casse fait du bien. « C’est une sensation formidable de ne rien avoir cassé sur le bateau. J’étais tellement inquiet après la Vendée Arctique. La première partie de cette course avait été un vraie désastre. »
Cette fois-ci, le bilan est tout autre. « Je pourrais repartir tout de suite, et heureusement car on est à un mois de la Route du Rhum, l’objectif majeur de notre année. Voir que tout le travail de l'équipe paie, c'est formidable. Le bateau est absolument parfait. »
Derrière le duo de tête, Jérémie Beyou (Charal) prend la troisième place. Corentin Horeau (MACSF) termine quatrième, et Violette Dorange (Initiatives-Cœur) cinquième.
Ed Gorman (traduit de l’anglais)
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