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Selon Yoann Richomme, deuxième du Vendée Globe 2024-2025, les 22 IMOCA engagés sur la Route du Rhum-Destination Guadeloupe s’apprêtent à vivre un départ rapide, suivi d’une traversée express jusqu’au nord de l’archipel des Açores, au cœur de l’Atlantique.

Le skipper de Paprec, qui attend la mise à l’eau de son nouvel IMOCA au début de l’année prochaine, connaît bien la Route du Rhum. Il s’est en effet imposé à deux reprises consécutives en Class40, lors des éditions 2018 et 2022.

À la veille du départ de cette 13e édition, prévu demain, il a étudié les dernières prévisions météorologiques et reconnaît qu’il aurait volontiers aimé être sur la ligne de départ. « Oh mon Dieu, oui ! », répond-il lorsqu’on lui demande s’il aurait aimé participer. « J’avais un bateau très performant au portant et, oui, les conditions de cette Route du Rhum m’auraient parfaitement convenu ! »

Selon Yoann Richomme, les skippers IMOCA bénéficieront d’un vent de nord-est d’environ 15 nœuds au départ de Saint-Malo. Un scénario qui promet un spectacle intéressant.

« Le départ se fera au portant, avec probablement deux empannages pour rejoindre la marque de parcours située au cap Fréhel, explique-t-il. Cela pourrait être intéressant, avec quelques belles manœuvres à observer. Une fois cette marque franchie, les concurrents seront au portant quasiment jusqu’au phare du Fastnet, voire légèrement à l’ouest de celui-ci. Ils devront ensuite empanner pour rejoindre la layline au nord des Açores. »

Pour l’heure, la route passant au sud de l’archipel, généralement privilégiée, ne semble pas envisageable. La position de l’anticyclone rend en effet cette option particulièrement défavorable, avec de nombreuses zones de vents faibles, voire de calme.

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« La route directe passe au nord des îles, mais, sur cette course, la plupart des trajectoires finissent généralement par contourner les Açores par le sud. Passer au nord est habituellement trop risqué, avec des conditions souvent trop violentes. Mais cette fois, en raison de la position de l’anticyclone, les skippers devront remonter vers l’Irlande avant de passer au nord des Açores, car il n’y a tout simplement pas de vent au sud », précise-t-il.

Yoann Richomme s’attend donc à des premiers jours particulièrement rapides, avant que la situation météorologique ne se complexifie et que les différentes options stratégiques ne deviennent plus difficiles à anticiper.

« Les IMOCA devraient atteindre le nord des Açores mardi en fin de journée ou dans la soirée. Cela signifie qu'ils auront parcouru cette première partie de course à très grande vitesse », explique-t-il. « Il pourrait même y avoir un record sur 24 heures entre le Fastnet et les Açores, sur la trajectoire bâbord. Le parcours est quasiment rectiligne et les conditions devraient être excellentes. Nous verrons bien. »

À ce stade, les bateaux de tête devraient rencontrer un front météorologique stationnaire. Ce sera le premier d’une série de passages entre différents systèmes météo. La flotte pourrait alors se regrouper avant de s’étirer à nouveau au fil des évolutions des conditions.

Si la seconde moitié de la course devrait se dérouler majoritairement au portant, Yoann Richomme estime que les prévisions restent trop incertaines pour permettre d'établir des pronostics fiables. L'approche de la Guadeloupe, avec le contournement de l'île par l'arrière avant l'arrivée à Pointe-à-Pitre, pourrait notamment réserver de sérieuses difficultés.

261007 CHAMPOLION MALIZIA 832 1© Julien Champolion - polaRYSE / MALIZIA

« Une chose est sûre : la fin de course s'annonce délicate. De nombreux scénarios sont possibles. Certains prévoient même des conditions de près pour l'arrivée, avec des vents d'ouest pénétrant dans la mer des Caraïbes », résume-t-il.

Un départ rapide au portant est évidemment préférable, pour la plupart des concurrents, à une longue remontée face à une dépression de l'Atlantique Nord, susceptible de mettre les bateaux à rude épreuve. Mais Yoann Richomme prévient : l'intensité du rythme imposé dès les premiers jours pourrait être particulièrement éprouvante. Les skippers devront constamment trouver le bon équilibre entre recherche de vitesse et préservation de leur monture.

« Le départ devrait être rapide et agréable, mais le rythme sera extrêmement intense, souligne-t-il. Toute la difficulté consistera à tenir cette cadence pendant les deux ou trois premiers jours, période durant laquelle une rupture pourrait survenir. Les bateaux les plus performants au portant seront clairement avantagés. L'essentiel sera de préserver le bateau et de réussir à maintenir ce rythme très longtemps. »

Yoann Richomme sait d'expérience qu'exploiter un IMOCA à foils de dernière génération à pleine vitesse, ou presque, en solitaire, tout en élaborant sa stratégie météorologique, représente un exercice particulièrement exigeant. À bord, les mouvements et les chocs rendent chaque tâche plus compliquée.

« Ce n'est pas si simple de réaliser des analyses météo approfondies et de travailler sur son routage à bord d'un bateau qui bouge et secoue autant », explique-t-il. « C'est d'autant plus compliqué lorsqu'il faut viser des fenêtres météo très précises et franchir des portes météorologiques qui se déplacent en permanence, alors même que les prévisions évoluent elles aussi. Cela représente toujours un véritable défi », conclut-il.

Ed Gorman