Capture d’écran 2026 11 06 à 15.13.18

3e de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe à bord de MACIF Santé Prévoyance, Sam Goodchild poursuit sa traversée de l'Atlantique à un rythme soutenu.

À 300 milles du leader ce midi, il est satisfait de la vitesse de son monocoque et de sa deuxième partie de course. Après plusieurs jours musclés dans l'Atlantique Nord, les conditions se sont légèrement calmées. De quoi reprendre son souffle, sans pour autant lever le pied. Car devant, une nouvelle dépression complique déjà les choix stratégiques pour la suite.

Parti aux avant-postes de sa première Route du Rhum en IMOCA, Sam Goodchild a perdu du terrain lundi soir, au sud-ouest de l'Irlande, après avoir tardé à redescendre vers le sud. Un choix tactique qu'il regrette, mais qui ne l'empêche pas de rester pleinement dans sa course : « Forcément, c'est frustrant. Je suis passé 2 milles devant Corentin et j'ai trop attendu pour redescendre dans le sud. Je pensais que ce serait moins risqué dans le nord, mais j'ai eu tort. Il y a eu un petit coup de mou après ça, mais c'était seulement le deuxième jour et il peut encore se passer plein de choses. Je me remonte les manches ! Mon objectif reste d'arriver en Guadeloupe le plus vite possible, en faisant les choses proprement et en étant opportuniste. Je suis content de ma deuxième partie de course. »

Des milles qui défilent

Depuis, MACIF Santé Prévoyance affiche de belles vitesses. Dans un vent de nord-nord-ouest, Sam file vers les Antilles à 25 nœuds de moyenne. La mer, particulièrement agitée ces dernières heures avec des vagues de plus de quatre mètres, s'est un peu rangée. Mais à bord, la concentration reste maximale. Il faut trouver le bon rythme, ménager le bateau et réussir à se reposer.

« On va très vite en visant la Guadeloupe, ça fait défiler les compteurs de milles ! Hier, c'était sport avec plus de 4 mètres de mer. Là, on est plutôt entre 2,5 et 3 mètres. Il faut trouver le bon équilibre parce que ce bord dure deux jours et demi. Il faut aussi penser à se reposer et préparer la prochaine manœuvre. » souligne le skipper de 36 ans.

Sam sollicite beaucoup son IMOCA, tout en restant attentif à son état : « Je tire fort sur le bateau en ce moment, mais je fais attention aussi. Il tient le coup et c’est le principal ! J'ai envie de tenir la cadence des autres tout en gardant MACIF Santé Prévoyance en bon état. »

Une dépression en travers de la route

C'est le sujet qui occupe désormais les réflexions du skipper. Une nouvelle dépression se trouve au nord de la Guadeloupe, quasiment sur la route des concurrents. La contourner par le sud ou tenter de la traverser ? Les prochaines heures seront importantes pour affiner la stratégie : « Je repars pour une journée à fond, avec un empannage cette nuit. On vise le sud, mais il reste une dernière dépression à gérer. On ne sait pas encore si on va la contourner ou la traverser. Elle ne bouge pas beaucoup et se trouve en plein milieu de la route. J'ai vu que Tom (Laperche) avait décidé de la traverser. Je vais regarder les autres et voir comment ça se passe. »

À ce stade de la course, difficile de savoir comment les positions vont évoluer. Entre les soucis techniques ou physiques rencontrés par certains concurrents, les options météo et les possibles zones de vent faible à l'approche de la Guadeloupe, Sam sait que rien n'est encore joué, loin de là : « Je ne sais pas avec qui je vais arriver en Guadeloupe. Il se passe plein de choses, il y a beaucoup d'intensité au portant. Il peut y avoir de la molle à l'arrivée. Tout est encore possible. Je suis dans ma course, concentré sur mon objectif d'arriver en Guadeloupe. »

Des enseignements pour le futur IMOCA

Cette première Route du Rhum en IMOCA est aussi riche d'enseignements pour Sam, dont le prochain bateau est actuellement en construction. Si MACIF Santé Prévoyance confirme ses qualités de vitesse, le skipper profite de cette traversée en solitaire pour réfléchir à quelques améliorations pratiques.

« C'est toujours de l'expérience à prendre pour le prochain bateau. MACIF Santé Prévoyance avance bien et on ne va pas changer ce que nous avons mis en place. Mes réflexions portent plutôt sur les éléments d'usage et de vie à bord, comme une main courante ou quelque chose pour attacher les voiles. Ce sont des détails qui me font réfléchir pour le prochain bateau », confie Sam.

En attendant, le skipper poursuit sa route à pleine vitesse. Avec encore une dépression à négocier et des milles à reprendre, la fin de cette traversée s'annonce animée !