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Deux équipes, deux skippers, deux projets sportifs distincts... mais une très large part du chemin parcouru ensemble. En choisissant de rejoindre Paprec dans la conception et la construction de deux futurs IMOCA quasi identiques, 4CAD Group et Benjamin Dutreux ont fait le pari d’une mutualisation encore rare à ce niveau de compétition.

Le cahier des charges, les choix architecturaux et le niveau d’ambition du projet correspondaient à ce qu’ils recherchaient. Depuis, chacun apporte sa pierre à l’édifice. L’expérience accumulée par Paprec se conjugue au regard neuf et aux compétences renforcées de l’équipe de Benjamin, tandis qu’Antoine Koch et Multiplast assurent le trait d’union entre les deux programmes. Résultat : deux sisterships identiques à 99 %, développés dans une même dynamique, avec une conviction partagée : additionner les forces aujourd’hui pour mieux se départager demain.

Conçus par Antoine Koch et construits chez Multiplast, les deux IMOCA partagent leur design, leurs études d’ingénierie, leurs outillages et une très large majorité de leurs solutions techniques. Seuls certains équipements, les aménagements intérieurs, les voiles et les choix directement liés aux préférences des skippers les différencieront. Cette mise en commun doit permettre d’améliorer de 25 % le bilan ACV (Analyse du Cycle de Vie) des deux bateaux et de réduire les coûts de construction de 12 %, tout en répondant à l’éco-score de la Classe IMOCA, qui impose une réduction de 15 % de l’empreinte carbone des bateaux neufs. Les mises à l’eau sont prévues en mars 2027 pour Paprec et en Juillet 2027 pour 4CAD Group.

Un socle commun, deux ambitions

Lorsque Benjamin Dutreux et 4CAD Group commencent à étudier les différentes pistes pour leur futur IMOCA, plusieurs possibilités s’offrent à eux. Celle initiée par Paprec retient rapidement leur attention. Les grandes orientations correspondent à leurs attentes, les partis pris d’Antoine Koch les séduisent et le choix de Multiplast apporte une garantie supplémentaire. Surtout, la perspective de mener ensemble une part aussi importante de la conception et de la construction fait immédiatement sens. « Quand nous avons commencé à regarder ce que représentait la construction d’un nouveau monocoque de 60 pieds, il nous paraissait presque impensable de ne pas partager un tel projet. Nous avons étudié plusieurs possibilités et celle-ci était celle qui nous correspondait le mieux. Le cahier des charges et les choix déjà effectués allaient dans le sens de ce que nous recherchions. Il y avait aussi l’expérience de Paprec, un chantier reconnu et les idées d’un architecte que j’apprécie beaucoup. Tous les éléments étaient réunis », relate Benjamin Dutreux. Pour 4CAD Group, ce choix possède également une résonance particulière. Mettre en commun les études, les outillages et une large part de la fabrication permet non seulement de rationaliser le processus, mais aussi d’en réduire les impacts économiques et environnementaux. « La mutualisation apporte des bénéfices très concrets. Concevoir deux bateaux quasi identiques et utiliser un même moule permet d’optimiser les études et la fabrication, mais aussi de réduire les coûts et la quantité de matières mobilisées. Dans une industrie où certains matériaux ont encore un impact environnemental important, utiliser moins de ressources et partager les outillages relève d’une véritable démarche d’éco-conception et d’éco-fabrication », souligne Stéphane Letheule, PDG de 4CAD Group.

Faire converger les expertises

Mutualiser ne signifie pas simplement reproduire deux fois le même bateau. C’est tout l’intérêt du dispositif : réunir autour d’une même base des savoir-faire différents pour questionner les solutions, faire émerger de nouvelles idées et éclairer les arbitrages. « Nous sommes très heureux de pouvoir bénéficier de l’expérience de Paprec pour cette première construction d’un IMOCA. Mais nous avons aussi structuré notre équipe pour être pleinement acteurs du projet et apporter nos propres compétences. L’idée n’était pas de venir challenger pour challenger, mais de mieux comprendre les enjeux, d’être capables de proposer des idées et de prendre les meilleures décisions ensemble », poursuit Benjamin Dutreux. Daniele Capua, architecte naval au sein du bureau d’études du team, précise ce que chacun peut apporter à cette équation : « Paprec possède une grande expérience du suivi de construction et sait anticiper un certain nombre de problématiques de fabrication ou d’installation. De notre côté, nous arrivons parfois avec un regard plus neuf. Comme nous n’avons jamais construit d’IMOCA avec Benjamin, nous n’avons pas toujours des solutions préétablies en tête, et cela nous conduit à réinterroger certaines choses. En croisant ces approches, on peut faire émerger des réponses intéressantes. Le bateau lui-même marque d’ailleurs une vraie évolution par rapport au précédent : nous passons d’une coque large à un bouchain à une carène fine à trois bouchains. Cela contribue à obtenir un bateau plus léger, auquel nous pouvons associer des foils plus puissants et plus porteurs. L’idée est de gagner en efficacité globale, pas simplement de faire évoluer un élément isolément. » La structuration du team et les recrutements réalisés ces derniers mois ont ainsi progressivement renforcé la capacité du Team à nourrir les échanges et à peser pleinement dans les arbitrages menés en commun.

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À livres ouverts

Cette complémentarité ne peut fonctionner qu’à une condition : accepter de partager les informations. Sur une large part du développement, les deux équipes ont fait le choix d’une transparence totale. « La mayonnaise a vraiment bien pris entre nous. Sur tout ce qui relève du développement commun, nous avons choisi de jouer à livres ouverts. Si nous voyons quelque chose qui peut faire progresser le bateau, nous le mettons immédiatement sur la table et Paprec fait exactement la même chose avec nous. Au lieu d’avoir deux bureaux d’études qui travaillent chacun de leur côté, on additionne les cerveaux, les compétences et les expériences », détaille Benjamin Dutreux. Cette logique est particulièrement poussée sur les sujets de sécurité, d’intégrité structurelle et de fiabilité. « Nous avons en quelque sorte sorti la fiabilité de la compétition. Si l’une des équipes identifie un doute sur la sécurité ou la fiabilité d’un système, elle le partage immédiatement avec l’autre. Ce n’est pas là-dessus que nous voulons gagner des courses », résume Daniele Capua. Environ 70 % des solutions techniques sont ainsi développées en commun. Une coopération qui impose aussi une organisation rigoureuse : les deux bateaux suivent les mêmes grandes étapes, mais avec quelques mois de décalage, obligeant les équipes à coordonner leurs décisions et la fabrication des différentes pièces.

Mutualiser sans uniformiser

Partager autant ne signifie toutefois pas construire deux bateaux totalement interchangeables. Benjamin Dutreux et Yoann Richomme n’ont ni exactement la même manière de naviguer, ni nécessairement les mêmes préférences. Ergonomie, organisation de certaines manœuvres, systèmes embarqués, motorisation ou voiles : une part de la configuration reste propre à chacun. « Sur une grande partie des sujets techniques, il serait absurde de faire deux fois le même travail pour arriver quasiment à la même solution. En revanche, certains choix doivent être adaptés aux skippers. Chacun navigue différemment, chacun a ses préférences. C’est là que les deux équipes reprennent davantage leur autonomie et personnalisent leur bateau », détaille Daniele Capua. La mise en commun trouve ici sa limite naturelle. Une fois la base définie et fiabilisée, le Team pourra pleinement s’approprier son nouvel IMOCA et le façonner en fonction des attentes de Benjamin Dutreux et de son projet sportif.

Deux fois plus de matière pour progresser

La coopération ne s’arrêtera pas aux portes du chantier. Une fois les deux IMOCA à l’eau, les navigations multiplieront les retours du terrain et fourniront de nouveaux enseignements sur les solutions retenues. Avec deux sisterships aussi proches, les équipes pourront comparer les comportements, croiser les données, résoudre plus rapidement les problèmes et poursuivre le travail de fiabilisation sur une base particulièrement riche. Pour l’équipe, cette nouvelle phase permettra de prolonger la logique engagée pendant la construction : comprendre, analyser et progresser à partir d’une matière démultipliée. Pour Stéphane Letheule, cette manière de travailler fait directement écho au monde industriel : « Les entreprises travaillent de plus en plus en écosystème, en associant des expertises différentes autour d’un même projet. C’est exactement ce que nous retrouvons ici : chacun apporte quelque chose et l’ensemble devient plus fort que la somme des parties. » Une logique particulièrement familière à 4CAD Group, dont le métier consiste précisément à accompagner les industriels dans leurs processus de conception et de fabrication, en s’appuyant sur les outils numériques, la gestion des données et la mise en commun de compétences complémentaires. D’ici aux mises à l’eau, 4CAD Group et Paprec continueront donc à avancer de concert pour résoudre une large partie des équations posées par ces deux nouveaux IMOCA. Puis les choix propres à chacun prendront toute leur importance et il s’agira de tirer le meilleur parti de ce qui aura été construit en commun. Aujourd’hui, les forces s’additionnent. Demain, sur l’eau, chacun cherchera à faire la différence.

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LE CALENDRIER DU PROJET

Hiver 2024 – Printemps 2025 : début de la réflexion entre le bureau d’études Paprec et Antoine Koch.Été – Automne 2025 : 4CAD Group choisit de rejoindre le projet ; accord entre les deux équipes pour construire deux bateaux quasi identiques. Hiver 2025 : conception figée en 3D.
Printemps 2026 : fabrication des moules de coque et de pont chez Multiplast.
Avril à septembre 2026 : fabrication des cloisons, boite de quille et démarrage de la coque
Septembre à novembre 2026 : Finalisation de la coque, cuisson des lisses et démarrage de l’assemblage de la structure dans le moule
Décembre 2026 à janvier 2027 : démoulage coque et pont
Mars 2027 : Pontage, livraison de foils et pose du cockpit
Juin 2027 : Peinture de l'IMOCA
Juillet 2027 : mise à l'eau de l'IMOCA 4CAD Group