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Le 27 octobre prochain, Fabrice Amedeo et Eric Péron prendront le départ de la Transat Jacques Vabre. Le duo de Newrest – Art & Fenêtres partagera pour la deuxième fois cette traversée de l’Atlantique en double.

A terre comme en mer, les bons duos sont ceux dont les membres ont plaisir à se retrouver. Fabrice Amedeo et Eric Péron forment une équipe qui s’impose comme une évidence. En entraînement en baie de Quiberon, en course en Méditerranée ou à l’épreuve de l’Atlantique, ces deux garçons aiment partager le même bord. Et si cette association fonctionne, c’est qu’elle repose sur une éclatante complémentarité qui les pousse à repartir sur une Transat Jacques Vabre après une première expérience commune en 2015. Entre ces deux là, la répartition des rôles est limpide. Chef d’entreprise fédérateur de nombreux et fidèles partenaires, marin désormais à plein temps et avide de progression, mais aussi, et toujours, journaliste dans l’âme, soucieux de partager ses défis avec le plus grand nombre, Fabrice Amedeo est un homme pressé qui mène son projet avec sérieux et passion. Navigateur touche à tout pétri de talent, récent vainqueur de la dernière étape de la Solitaire du Figaro et performeur connu et reconnu, Eric Péron aime pousser ses compagnons de route dans leurs retranchements pour les faire avancer toujours plus loin. Ensemble, à bord de Newrest – Art & Fenêtres, ils s’apprêtent à faire des 4 350 milles du parcours entre Le Havre et Salvador de Bahia au Brésil, un terrain d’expression de leur complémentarité et de leur connaissance désormais aboutie de Newrest – Art & Fenêtres

 

Miser sur le duo pour préparer le solo

Aligné en Normandie dans une configuration très proche de celle qu’il aura au départ du Vendée Globe dans un an, l’IMOCA à foils est désormais doté d’une nouvelle casquette plus abritante, de panneaux solaires dernier cri et d’une centrale inertielle adaptée aux besoins de la machine et du marin. Un schéma idéal pour en tirer la quintessence sur la Transat Jacques Vabre, en double, et pour gravir une marche supplémentaire dans la préparation du tour du monde en solitaire, le deuxième pour Fabrice Amedeo. Mais avant de s’attaquer à ces deux « morceaux » de la course au large, c’est à Lorient, sur le Défi Azimut que les marins de Newrest – Art & Fenêtres aligneront leur complémentarité pour une dernière confrontation avant les retrouvailles océaniques. Entre runs et grande course de 48 heures, l’épreuve qui débute mercredi 18 septembre aura des airs de répétition grandeur nature à quelques semaines du départ de la Transat Jacques Vabre. 

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Questions croisées à Fabrice Amedeo et Eric Péron 

La rencontre ? 

Fabrice Amedeo : « Nous nous étions croisés sur les pontons de la Solitaire du Figaro en 2008. Je l’avais trouvé très sympa mais nous n’avions pas eu le temps d’échanger. En 2015, suivant les conseils de Michel Desjoyeaux, j’ai appelé Éric afin de participer à mes côtés à ma première Transat Jacques Vabre en IMOCA. On a appris à se connaître en se préparant et le courant est rapidement bien passé. À l’issue de la transatlantique, Éric m’avait permis d’apprendre beaucoup et on était franchement copain. C’était naturel de faire à nouveau appel à ses services pour les Monaco Globe Series (3een 2018), pour qu’il me coache pour la dernière Route du Rhum et qu’on travaille ensemble sur la Transat Jacques Vabre. »

Éric Péron : « Je me souviens très bien de la première fois que l’on s’est vu, à la Solitaire du Figaro. Mais nous avons vraiment appris à nous connaître en 2015. Je venais de terminer la Volvo Ocean Race et Fabrice m’a contacté pour participer avec lui à la Transat Jacques Vabre. Il avait besoin de quelqu’un d’expérience et moi, j’étais ravi d’être sur la ligne de départ ! On s’est vite trouvé et je prends beaucoup de plaisir à travailler avec lui. »

 

Les enjeux de la Transat Jacques Vabre 2019 ?

Fabrice : « Il y a deux niveaux d’enjeu pour nous. D’un côté, nous allons faire tout pour aller chercher un bon résultat. La course s’annonce passionnante entre les bateaux de nouvelle génération et ceux avec lesquels on pourra batailler. On va tout faire pour se dépasser et faire un bon résultat. Mais cette Transat Jacques Vabre s’inscrit aussi dans un projet à plus long terme : participer au Vendée Globe. Dans ce cadre, on va continuer à fiabiliser le bateau, à tenter de cerner ses points de faiblesse et à « tirer » un peu plus dessus du fait qu’on soit deux à bord. Enfin, je ramènerai le bateau en solitaire du Brésil pour accumuler des milles en vue du Vendée Globe.  »

Éric : « Le projet de Fabrice s’inscrit dans la continuité. Depuis qu’il a pris possession de son nouveau bateau l’an dernier, il a le Vendée Globe en ligne de mire. Nous réfléchissons déjà à la façon d’utiliser au mieux le potentiel de Fabrice et celui du bateau en solitaire. Mon rôle, c’est de l’aider à démystifier les allures et à faire confiance au bateau au maximum. » 

 

Leur regard, l’un sur l’autre…

Fabrice : « Éric est un marin complet qui a une très forte expérience sur de nombreux supports, que ce soit la voile olympique, le Figaro, l’IMOCA… Il a fait la Volvo Ocean Race et rêve de participer au Vendée Globe. En matière d’optimisation, de performance et de technique, il est très fort et reconnu comme tel dans le milieu. Il m’apporte beaucoup pour poursuivre mon perfectionnement. C’est quelqu’un qui est très agréable à vivre, autant en mer que sur terre. »  

Éric : « Fabrice est une personnalité déterminée qui met tout en œuvre dès qu’il est engagé dans un projet. Au fil des mois et des années, c’est très agréable de constater sa progression. La physionomie de son projet est atypique puisqu’il passe beaucoup de temps sur la gestion de son projet, notamment dans la recherche de partenaires. Il navigue donc un peu moins mais ça ne l’empêche pas d’être à fond dès que l’on entame un programme d’entraînement. »    

 

Ce qu’ils attendent l’un de l’autre… 

Fabrice : « J’espère qu’Éric fera ce qu’il a déjà eu l’occasion de faire avec moi, à savoir me pousser à être plus ambitieux et plus performant. Par ailleurs, il faut qu’il m’encourage à pousser davantage le bateau, à me remettre plus en question sur le réglage des voiles. Ce seront tous ces aspects qui me permettront d’être encore plus fort en solitaire la saison prochaine.  »

Éric « Il y a beaucoup de respect et de bienveillance entre nous et c’est primordial pour la réussite d’un duo. Le fait de se connaître aussi bien nous permet de pousser l’autre, de l’encourager. De même, nous savons voir les signaux d’alerte, où placer le curseur quand l’autre ne va pas bien. »