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Ce mercredi 13 novembre, à 00h 37mn 47s (heure française), Manuel Cousin et Gildas Morvan ont franchi la ligne d’arrivée de la 14e édition de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre en 22e position de la catégorie IMOCA.

Le duo aura mis 16 jours 11h 22mn et 47s pour parcourir les 4 350 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 11,00 nœuds, mais il a réellement parcouru 4663 milles à 11,79 nœuds. Son écart au premier Apivia est de 2h 23h 14mn XXs.

C’est ici même, à Salvador de Bahia,  que Manuel Cousin a fait le grand saut. A l’issue de la Transat Jacques Vabre 2017 courue en compagnie d’Arnaud Boissières, il rachète son plan Farr Yacht Design de 2007 et lance son projet IMOCA, avec comme objectif le Vendée Globe 2020. Amateur éclairé du temps où il courrait en Class40, Manu passe professionnel et continue de promener son indéfectible enthousiasme sur le circuit. Il gagne le respect de ses pairs en terminant toutes ses courses en 2018 dont la Route du Rhum à la quatorzième place. En embarquant cette année à ses côtés le grand Gildas Morvan, dont l’éclectique palmarès, fait de Figaro, Olympisme et Coupe de l'america, serait ici trop long à effeuiller, le skipper de Groupe Sétin donne une nouvelle dimension sportive à son projet. Mais sans se départir de la bonne humeur que les deux compères ont très bien communiqué durant toute cette Route du café.

Partis dans le bon wagon au Sud, Groupe Sétin effectue une très belle première semaine de course, positionné entre la douzième et la quinzième place, et tient en respect tout un paquet de bateaux de sa génération. Manu et Gildas ont choisi une route très proche des côtes portugaises et le passage de la dorsale ne leur réussit pas vraiment. Rattrapés au Nord des Canaries, ils naviguent ensuite autour de la 18ème place mais perdent petit à petit du terrain On sait que le plan Farr, ex-Virbac Paprecde son premier nom,  n’est pas le plus léger de la flotte et la cadence semble plus dure à tenir au portant pur. Le 5 novembre, avant l’entrée du Pot-au-noir, Groupe Sétin pointe 22ème au classement, une place dont il ne bougera plus jusqu’à Salvador de Bahia.

Comme ils l’ont montré en début de course, Manu et Gildas pouvaient sans doute espérer mieux sur cette Route du Café. Mais on ne risque pas ce soir de les voir se plaindre au micro. Chez ces deux marins attachants, le bonheur d’être en course sur un joli bateau l’emporte toujours !

Manu :"Merci pour cet accueil ! Cette caïpirnha est bonne, un peu forte mais elle a le goût qu’on attend ici. Ca fait quelques jours qu’on a envie d’arriver depuis ce passage du Pot au noir même si cette transat s’est plutôt bien passée. C’était un grand grand et bon moment."

Gildas :"On a eu des problèmes de vitesse à partir du Portugal. On s’est fait rattraper par la dorsale, le paquet de devant est parti et ceux de derrière sont revenus. Et ensuite, on a eu un problème de vitesse et on s’est rendu compte qu’on avait de l’eau dans le bateau. Lorsqu’on s’en est aperçu, c’était un peu tard."

Manu :"En fait, on a navigué au portant avec de l’eau dans les ballasts. Si on avait vidé un peu mieux, ça se serait mieux déroulé. On apprend toujours d’une transat. Je commence à bien connaître le bateau car je navigue dessus depuis deux ans. Mais j’ai beaucoup appris avec Gildas en termes de stratégie et de météo. Le but, c’était ça, faire une transat avec quelqu’un de sympa et aussi de profiter de l’expérience d’un champion."

Gildas :"Quoiqu’il arrive, c’était très agréable. La première semaine était vraiment très sympathique parce qu’on était dans le match. La fin était évidemment plus décevante. Mais on finit la course, on est là, on n’a rien cassé. Et puis l’idée de faire partager notre course en interne au Groupe Sétin est importante. Chaque agence a suivi le bateau, déguisés en brésiliens et ils partagent l’ambiance, on a essayé de bien communiquer ce qu'on vivait à bord."

Manu :"Il n’y a pas une image que je garde à l'esprit plus que les autres mais cette première semaine, on aurait signé au départ pour que la course s’arrête au classement qu’on avait à ce moment-là. Entre la dorsale et le Pot-au-noir, on n’a pas été bien servis mais on n’est pas les plus à plaindre, loin de là."

Gildas :"Moi, je garde l’image d’un banc de globicéphales au Cap Vert. On est passé près des îles pour l’accélération et on croisé 3, 4 globicéphales qui surfaient derrière le bateau, bien noirs, des bestiaux de 4 mètres avec ce nez bizarre, typique. J’avais vu déjà plein de cétacés mais jamais un banc de globicéphales comme ça."